11/03/2026
Le refuge des affligés, de Céline Servat
Dans ce roman, j’ai retrouvé des personnages que l’auteur a déjà présentés mais les livres peuvent se lire indépendamment.
Deux lieues s’opposent dans ce récit. La ville de Muret, proche de Toulouse, où un homme, sans domicile fixe, a été assassiné. Une bâtisse isolée dans les Pyrénées, près du hameau de la Henne Morte, où est organisée une retraite spirituelle.
Pour le SDF, c’est Gabrielle Leseigneur et son équipe de gendarmes, dont Frank Deluc (en couple avec Manue), qui mènent les investigations. Ils ne trouvent pas grand-chose et la question est de savoir s’il vaut mieux persévérer ou abandonner. Un SDF, c’est un individu dont personne ne se soucie, alors à quoi bon chercher le tueur ? Il s’agit, peut-être, d’un règlement de comptes entre laissés pour compte et inutile de s’obstiner.
De l’autre côté, c’est Manue qui a eu l’idée du séjour. Son pote Marco souffre de stress, voire plus certaines fois, et elle se dit que l’aide qu’ils vont trouver au « refuge » sera bénéfique. Mais elle sait bien que son ami n’appréciera pas ce genre d’initiative donc elle n’a pas été très honnête avec lui et lui a parlé d’une semaine de thalasso… Lorsqu’il découvre sa « surprise », il n’est pas content mais c’est trop tard pour faire machine arrière. Les voilà, tous les deux, avec d’autres participants, en petit groupe, sous la tutelle de Vazken et Eve (les organisateurs), aidés d’un peu de personnel pour les tâches annexes (cuisine, jardin etc.)
Dans ce coin paumé, c’est presque un huis clos. Pas de moyens de communication (le téléphone ne passe pas, pas d’internet…), des séances pour se sentir mieux : yoga, méditation, sophrologie, lithothérapie et bien d’autres, des repas frugaux etc. Marco a faim, ne se sent pas toujours en phase avec ce qu’il vit. Chacun est un peu sous tension (Avoir le ventre creux n’arrange sûrement rien…) et les relations sont parfois source de tension.
Lorsqu’une des personnes présentes dans ce lieu est retrouvée morte, l’ambiance devient carrément délétère. Les enquêteurs du coin viennent mais Frank, ayant très peur pour sa compagne, réussit à se glisser parmi les visiteurs. Il est sur tous les fronts puisqu’il gère également des investigations pour le SDF.
L’auteur a su mener son récit de main de maître. Les deux intrigues se suivent sans problème, on ne se mélange pas. J’ai particulièrement apprécié les descriptions de la « retraite ». C’est très réaliste, entre les conseils des gourous, les élèves qui ne disent pas tout (et surtout pas la vérité), les grignotages en cachette quand c’est possible (et en plus, ça permet de voir ce qu’on vous tait), le manque ressenti quand on ne peut ni appeler, ni « textoter »…. Chacun réagit avec ce qu’il est et là aussi, les émotions sont bien décrites.
La construction, alternant les deux endroits, avec quelques retours en arrière pour qu’on cerne mieux les personnalités, est intéressante et bien faite. Le style est fluide, les dialogues éclairent sur certains faits et donnent parfois une idée du caractère des protagonistes. Les indices arrivent petit à petit et relancent le texte pour donner du rythme.
C’est un excellent moment de lecture et une histoire équilibrée et maîtrisée.
Éditions : Taurnada (12 Février 2026)
ISBN : 978-2372581776
258 pages
Quatrième de couverture
Alors que Gabrielle, gendarme à la brigade de recherches de Muret, enquête sur le meurtre atypique d'un SDF, Marco et son amie Manue participent à une retraite spirituelle.
Mais rien ne se passe comme prévu dans ce coin perdu des Pyrénées, et le besoin de se ressourcer est compromis par le meurtre de l'un des occupants des lieux…
22:10 Publié dans 01. polars francophones | Lien permanent | Commentaires (0) |
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