Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/05/2026

Elle a le regard qui tue, de Virginie Lloyd

regard.jpgDescription du poste

Vous aimez rendre la technique claire, structurée et accessible ? Rejoignez …..Contribuez à la création de notices techniques (utilisation, sécurité, entretien…) et concevez l’ensemble des documents.

Vous connaissez ce métier ? Moi, pas du tout. Et pourtant il existe ! C’est d’ailleurs celui de Lily. Cela lui convient parfaitement car elle aime que les choses soient claires, précises, organisées, contrôlées. L’imprévu, elle n’en veut pas, elle ne le supporte pas. Elle a eu sa dose comme on dit. Un quotidien bouleversé le jour de ses dix ans et maintenant, une envie permanente de « rentrer dans sa coquille ». Les autres, à part quelques-uns, la mettent mal à l’aise. Comme si elle n’avait pas « les codes » pour entrer en communication avec eux. Elle ne sait pas faire et quand ils l’énervent, elle se sent des envies de meurtres. La vie ne l’a pas gâtée mais maintenant elle gère, pas de surprise et tout ira bien !

Elle a tissé des liens avec deux collègues et avec des petits vieux de la maison de retraite qu’elle retrouve chaque semaine. C’est une famille qu’elle s’est choisie, qu’elle apprécie. Avec eux, elle se sent à sa place. Pas besoin de se poser de questions, ils la prennent comme elle est. Fantaisiste, atypique, surprenante, mais tellement attachante !

Elle a sans doute besoin, sans se l’avouer, d’être en permanence rassurée. Pour y arriver, elle utilise des post-its de couleurs différentes en fonction de ce qui est noté. Les urgences, la liste de ce qu’l faut acheter, les problèmes à régler pour que le monde aille mieux… etc … Tant au bureau que chez elle, elle les affiche, classés par catégories, les contemple, les regarde et agit.

Elle a un grand sens de la justice et parfois, des réflexions lui trottent dans la tête (elles peuvent être écrites en italiques et j’ai pensé à David Lodge (Pensées secrètes)). Les remarques qu’énonce Lily à haute voix ou dans le secret de son cerveau, permettent de mieux comprendre les rapports humains entre ce qu’elle ressent vraiment, ce qu’elle montre (car, en société, on se doit de garder une certaine attitude), ce qu’elle voudrait en secret mais dont elle sait bien que ce n’est pas possible…

Lily n’aime pas son boss alors si, par exemple, il pouvait se casser une jambe et être absent de longs mois, elle serait bien contente… Comme le disent les livres de développement personnel…. Il faut solutionner les problèmes un à un. Alors si elle a une idée, pourquoi pas ? Elle ne pensait pas, Lily, que ça pouvait déraper…. Et puis, de toute façon, il était humiliant, désagréable et j’en passe…

C’est avec un humour décapant et corrosif que Virginie Lloyd mène son récit. Pas de temps mort, de l’action sans arrêt. Des situations ubuesques qui vous font rire. Et puis en dessous de cette légèreté et de ces amusements, de vrais problèmes de société sont évoqués. La vie dans les EHPADs, la rentabilité demandée au travail (dans quelles conditions et à quel prix), la solitude dans les immeubles, les enfants sans famille, les addictions, les jugements qui ne prennent pas tout en compte…. C’est intéressant car cela montre que l’auteur a un grand cœur et l’émotion peut être au rendez-vous. Les titres des chapitres sont drôles ! Son écriture est vive, brute, pleine d’ironie, de second degré mais elle peut faire preuve de tendresse pour parler de ceux qui ont ou ont eu une place dans la vie de Lily.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture. C’est original et décalé et très plaisant à lire.

Éditions : City (13 Mai 2026)
ISBN : 978-2824625225
290 pages

Quatrième de couverture

Lily est rédactrice de notices. Son monde idéal ? Un univers régi par des schémas de montage, des listes d'effets secondaires et des protocoles millimétrés. Son rêve ? Vivre seule, entourée de post-it.
Mais dans la vie de Lily, il y a… les autres. Et pour eux, Lily n’a pas de mode d’emploi. Surtout pour son patron, dont l'existence même est une erreur de conception. Alors, quand elle le tue sans faire exprès, elle se dit que c’est peut-être la solution.

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.