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19/04/2026

Anonîmes, de Mehdi Tahenni

mehdi.jpgNîmes, ses monuments, son atmosphère, ses corridas. Les Férias, ceux qui aiment, ceux qui sont révoltés. Chaque année, au cœur de l’événement, un assassinat. Avec une anagramme en rouge peint sur les murs près de la victime. Un message ? Pour qui ? Pour quoi ? Dans quel but ? Dénoncer la violence des toréros ? Mais comment sont choisis ceux qui passent de vie à trépas ? La police a toujours le sentiment d’arriver trop tard, de ne pas comprendre, de laisser échapper des indices importants.

Vincent Punti est chargé de l’enquête. C’est un policier au passé difficile, ça lui empoisonne la vie. Il a un frère mais il se voit peu. Son épouse accepte sa nature troublée mais elle le met en garde. Lui, il donne beaucoup au boulot, s’investit jusqu’à en perdre les pédales. Quand il investigue, il n’a plus de limites, il est prêt à tout, il prend des risques, trop quelques fois. Sa collègue Caroline essaie de le tempérer.

Il n’hésite pas à se rapprocher des hommes de l’ombre, les dealers ou truands si cela peut permettre de résoudre une affaire. Mais il réalise également qu’à force d’être entre ces deux mondes, il risque de se perdre, de tout confondre, de créer des liens qui ne sont pas les bons, de ne plus connaître ses priorités.

Cet aspect de sa personnalité est très bien abordé, l’auteur montre toute l’ambivalence des situations où l’on peut être écartelé, tiraillé, perdu… Quand Vincent cerne que son frère peut, éventuellement, lui apporter des informations, il ne sait pas comment se comporter. Que faire ? leur lien est à la fois fort et fragile, car ils ont beaucoup souffert ensemble dans leur enfance.

Dans ce thriller, personne n’est tout à fait blanc ou noir. Les tempéraments des protagonistes sont décrits avec précision. Chacun a une part secrète, ne se dévoilant que par bribes et encore pas toujours. Les influences des uns et des autres, les rencontres qui modifient la perception, les choix réfléchis ou non, rien n’est anodin.

Plusieurs thèmes sont abordés. Jusqu’où peut-on aller pour ses convictions ? Quelle est la place de la famille quand ses membres ne sont pas d’accord ? Qu’en est-il de la vengeance, du pardon, est-ce qu’on doit transmettre la première aux futures générations afin qu’elles reprennent le flambeau ? Comment peut-on séparer vie personnelle et vie professionnelle ?

Mehdi Tahenni a une écriture rythmée, nerveuse, musclée. Les dialogues sont vifs, ils mettent le lecteur au cœur des faits, au plus près de ce qu’il se passe. Les scènes décrites sont très visuelles, on pourrait faire un téléfilm sans problèmes. La ville de Nîmes joue un rôle important avec ses ruelles, ses bâtiments, sa météo. Les rebondissements maintiennent notre intérêt ainsi que les informations qui arrivent régulièrement.

J’ai particulièrement apprécié le fait que rien ne soit aussi évident que je le croyais. Plusieurs fois, j’ai pensé que j’avais tout compris et puis, je repartais dans une autre direction. Une intrigue bien pensée, menée tambour battant, sans temps mort.

Un livre réussi !

Éditions : Preface Factory (1er Avril 2026)
ISBN : 979-1041593316
452 pages

Quatrième de couverture

Nîmes. La Féria bat son plein. Tandis que les arènes résonnent des clameurs de la foule et que le sang des taureaux imbibe le sable, un autre prédateur rôde dans les ruelles de la cité romaine. On l'appelle le Tueur de la Féria. Chaque année, il frappe pendant la grande célébration. Ses victimes portent les stigmates d'une rage méthodique. Ses messages, peints en rouge sur les monuments antiques, sont autant d'énigmes que de déclarations de guerre. Puis il disparaît jusqu'à la Féria suivante. L'enquête est confiée à Vincent Punti, policier expérimenté mais borderline, qui navigue entre le commissariat et les zones grises de la ville. Face à lui, dans le quartier de Pissevin, Farouk Fellah, figure respectée et crainte, dont le simple nom suffit à faire trembler un braqueur armé. Deux mondes, deux hommes.

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