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09/10/2012

Réseau d'état, de Hugues Leforestier (chronique 3)

 reseau_d_etat.jpgUne chronique de Christine.

Parmi les liens complexes que les humains tissent entre eux, il y en a certains ( liens, comme humains) plus lâches que d’autres.

 Tant que chacun y trouve son compte, ou au moins l’une des deux parties, tout va bien dans le meilleur des mondes.

 Puis arrive parfois le moment où l’herbe est plus verte ailleurs,  où le coucou installé dans le nid a épuisé toutes les ressources de sa famille adoptive, où le chien, fidèle compagnon des beaux jours devient très encombrant lorsqu’il commence à pleuvoir.

 Alors, fi des liens tissés.

 Qui veut noyer son chien l’accuse d’avoir la rage… 

Il se dit qu’une nouvelle journée à l’Élysée se terminait, dure, acharnée, comme les autres. Une journée qui avait failli se conclure par un échec mais dont il sortirait renforcé, ayant accédé à de nouveaux secrets qui resteraient cachés à jamais.

 Pour certains, il est « le gamin ». Pour d’autres, « Martin Martin ». Mais une chose est sûre, en cette veille d’élections présidentielles il est devenu « la cible ».

 Cet homme d’une cinquantaine d’années échappe de peu à la destruction de son repaire et devient l’objet d’une traque impitoyable. Car Marcoussy, le président sortant, veut sa peau.

 Pour justifier cette chasse à l’homme, on fera fuiter dans la presse que « la cible » est un dangereux terroriste, sur le point de commettre un attentat visant la Présidence.

 Mais est-ce bien là la vérité ?

 Après avoir côtoyé et servi pendant une trentaine d’années des hommes devenus quelques-unes des figures les plus importantes du pays, "Martin Martin" sera-t-il abandonné de tous ?

 Que sait cet homme qui justifie sa mise à mort ?

 L’idée qu’il puisse subsister un îlot subversif dans cet amoncellement d’intérêts privés, cet enchevêtrement d’égoïsmes, l’enivrait mieux que le champagne un peu décevant qu’on lui servait. Au royaume des convenances, il se sentait d’humeur anarchiste.

 Un roman qui commence sous les fusillades pour s’achever par une discussion entre amis autour d’un bon repas. Entretemps, tout ira vite, très vite !

 Alternant cavalcades et discussions feutrées, l’auteur s’en donne à cœur joie pour faire progresser l’intrigue. On ne sait ce qui fait le plus mal, de la scène musclée ou du coup bas susurré sotto vocce entre personnes respectables et de bonne compagnie. Grâce à une galerie de personnages épinglés de manière plutôt jubilatoire, les ors de la République en prennent sérieusement pour leur clinquant.

 Le lecteur, pénétrant dans les coulisses du pouvoir, s’amusera à reconnaître tel ministre ou tel président, tout en hochant la tête devant la découverte de telle ou telle manipulation, de tel ou tel réseau influent.

 La vie d’un homme d’État n’est pas un long fleuve tranquille, et malheur à celui qui ne sait pas maintenir la tête hors de l’eau… quitte à négocier avec les crocodiles pour s’en sortir.

 Il y a du rythme, des personnages savoureux, des alliances improbables mais juteuses, du cynisme mais également (et surtout ?) une énorme part de tendresse lorsque les idéaux reprennent vie dans le cœur de vieux politiques fatigués.

 En tout cas, un moment de lecture très plaisant pour ce roman de politique-fiction.

 Fiction, vous avez dit fiction ?...

Christine, (Blog : Bibliofractale )

 

Une autre chronique sur ce roman : celle d’Albertine
Une autre chronique sur ce roman : celle de Paco.

Réseau d'Etat
Hugues Leforestier
Editions Jigal
Collection Jigalpolar
184 pages
16


Présentation de l'éditeur

A la veille des élections présidentielles, un homme à bout de souffle qu’on essaie ? en très haut lieu ? de faire passer pour un terroriste, est traqué par toutes les polices de France. La cible, un ancien gauchiste devenu mercenaire pour une obscure officine spécialiste des coups tordus, a dans sa jeunesse entretenu des relations plus que privilégiées avec plusieurs hommes d’État. Et détient peut-être des dossiers compromettants sur certains d’entre eux… Une excellente raison sans doute de déclencher les manœuvres sans foi ni loi des cercles rapprochés du pouvoir afin de le faire disparaître au plus vite… et définitivement ! De la Françafrique à la présidence de la Commission européenne, en passant par les fameux dîners du Siècle, il faudra toute la perspicacité de Lou, journaliste politique d’un grand quotidien national, talentueuse et opiniâtre, pour dénouer les fils complexes de cet écheveau politique à l’allure très contemporaine…Aux dires de certains, le réseau Berlucci serait une officine de la CIA, ayant pour vocation d’être le bras armé et surtout financier du complexe militaro-industriel américain. Le business plan est exemplaire : réunir dans son staff une flopée de dirigeants politiques ? tous pays confondus ?, prendre dans le monde entier le contrôle d’entreprises stratégiques et capter ainsi de très nombreuses commandes d’État. Simple et redoutablement efficace ! La cible est un ancien anar, spécialiste des coups tordus pour l’officine, mais devenu soudain très gênant… les temps changent ! Ses camarades de jeunesse ? tous survivants de 68 ? sont depuis passés pour la plupart et sans vergogne apparente, du trotskisme à la politique et à la finance débridée. Argent, pouvoir et intrigues… Tout est là… le reste est affaire de fiction… ou presque ! Et dans ce premier polar, Hugues Leforestier la met en scène avec une efficacité redoutable… Bien sûr, toute ressemblance, bla bla bla...

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