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12/02/2015

Metzger voit rouge, de Thomas Raab (chronique 2)

 metzger_voit_rouge.pngUne chronique de Cassiopée.

« Dans tous les stades on chantera ?..... »

 Il est loin le temps où les soirées foot étaient « bon enfant », où le sport était encore un loisir....

Maintenant, les salaires sont disproportionnés, les supporters sont de vrais guerriers et il ne fait pas bon se tromper (même si l'erreur est humaine) lorsqu'on est arbitre ou rater un arrêt lorsqu'on est gardien...

Ce soir là, le goal a la peau noire et les épithètes peu gracieux fusent à son encontre... Les spectateurs, portés par l'effet de groupe, n'ont plus de limites et personne ne peut les faire cesser. Seul le décès subit du gardien ramènera le silence dans le stade...

 Le restaurateur de meubles, Metzger, qui n'aime pas ce sport, est venu au match pour faire plaisir à sa tendre amie. Bien mal lui en a pris, le spectacle dans les tribunes lui fait horreur et celui qui se termine par la mort sur la pelouse le fait frissonner... Décidément ce lieu, ce n'est vraiment pas son truc... Il préfère son atelier, ses meubles à restaure, sa bouteille (même s'il exagère un peu), sa tranquillité (bien que faire une petite place dans son chez lui à Danjela Djurkovic lui trotte dans la tête), sa petite vie bien réglée....

 C'est le deuxième roman traduit en France mais la série avec Metzger comprend beaucoup plus de volumes en Autriche. Il est classé dans la catégorie « Roman Noir » mais l'enquête n'est pas le point dominant du livre. La relation de Willibald Adrian avec son amoureuse prend aussi pas mal de place ainsi que les rapports in et off dans le club de foot dont on nous parle « les Kicker Saurias Regis ».

 Metzger souhaiterait rester loin du stade et des ultras (ces supporters extrémistes qui peuvent s'avérer dangereux) mais voilà qu' « on » (mais qui est ce « on » ?) s'en prend à sa copine qui est allée faire un tour vers le stade (portée par une curiosité toute féminine que je comprends aisément).

On atouché à sa dulcinée ? Il voit rouge !!! Il va donc essayer de démêler tout ça avec la maladresse qui le caractérise. Aidé de Zusanne Vymetal, l'amie de Danjela, qui connaît bien les footeux et du policier Eduard Pospischill avec qui il s'entend plutôt pas mal, il va tâtonner, avancer, se mettre dans des situations ubuesques pour le plus grand plaisir du lecteur.

 Le style de Thomas Raab est indéfinissable et il est une grande force de l'écrivain (avec une mention très bien à la traductrice). Humour et réflexions plus intenses se côtoient avec bonheur. « Ses batteries sont rechargées, il est d'humeur positive, le soleil rit, et, dans la rue, les gens s'ébattent, électrisés par le printemps. La décharge de courant a dû être sacrément violente, songe Metzger. »

Si l'intrigue et les personnages que nous rencontrons auraient pu être un peu plus approfondis, l'écriture de l'auteur et l'allure du personnage principal valent à elles seules le détour. Il faut vraiment prendre le temps de lire chaque tournure de phrase pour apprécier le phrasé de l'autrichien (mais quand on sait qu'il est chanteur et compositeur, n'est ce pas naturel de jouer avec les mots ? )

 Dans cet opus les footballeurs de haut niveau et ceux qui les soutiennent en prennent pour leur grade. Il n'y a pas que l'amour qui rend aveugle, la passion exagérée aussi et elle peut porter les hommes aux pires extrémités, malheureusement, même en dehors des romans.... Notre société est donc directement concernée et « écorchée » dans ce livre …. Et maintenant, on fait quoi ?

 

Une autre chronique sur ce livre.

  

Metzger voit rouge
Auteur : Thomas Raab
Traduit de l'allemand (autrichien) par Corinna Gepner
Éditions : Carnets Nord (2014) (Autriche : 2008)
Collection : Roman Noir
Nombre de pages : 383
ISBN :978-2355361456

 

Quatrième de couverture

 Quand un joueur de foot s'écroule, raide mort, sur le terrain au beau milieu d'un match, que faut-il en conclure ? Dopage, surmenage physique ? Mais quand ce même joueur a été, auparavant, copieusement insulté par les supporters de l'équipe adverse comme de la sienne, à cause de sa couleur de peau, d'autres pistes peuvent être envisagées. Dans ce deuxième opus de la série, nous retrouvons le restaurateur de meubles anciens - et enquêteur à ses heures - Willibald Adrian Metzger, qui ne s'est pas départi de son humour noir, de ses réflexions philosophiques, ni de son sens aigu de l'observation. Il entretient aujourd'hui une relation paisible avec son amour de jeunesse, la concierge croate Danjela Djurkovic, et son chien Edgar. C'est avec elle d'ailleurs que Willibald assiste au match fatidique, et devient témoin de la violence et du racisme qui s'emparent des gradins. Danjela, piquée dans sa curiosité, décide de mener l'enquête, vite suivie par Willibald devant définitivement abandonner buffets Biedermeier et commodes du XVIIIe à vingt-six tiroirs...

 

 

 

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