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10/11/2019

Cauchemar, de Paul Cleave (Whatever it Takes)

cleave.jpgUne chronique de Cassiopée

Paul Cleave a laissé de côté la ville où il a placé ses précédents romans et le style de personnage qu’on y trouvait. Nous voilà à Acacia Pine, aux Etats-Unis, dans une bourgade de taille moyenne où tout le monde se connaît. Dès les premières pages on entre dans une ère de violence puisqu’un policier, Noah Harper, frappe afin d’obtenir les aveux d’un suspect. C’est totalement immoral, bien sûr, mais ainsi, il sauve une petite fille, Alyssa, qui le considérera comme son sauveur. Comme sa méthode pour avoir une réponse n’a pas été dans les normes, le shérif lui demande de quitter la ville. Ce qu’il fait, laissant, au passage, sa femme derrière lui, ses amis, ses habitudes et son boulot…

Douze ans ont passé, il est co-gérant d’un bar, rangé des voitures, apparemment assez calme, moins « irréfléchi » … quoique… Son ex-épouse l’appelle pour lui dire qu’Alyssa a de nouveau disparu. Disparition volontaire, enlèvement, ou autre chose ? Noah sait très bien qu’il ne sera pas le bienvenu s’il retourne dans sa ville mais réagissant de façon impulsive, au quart de tour, il choisit de partir et d’aller là-bas. Rapidement, il sent que personne ne va l’aider, ni le croire. Son ex-coéquipier lui démontre qu’Alyssa est partie volontairement et qu’il ferait mieux de regagner ses pénates. Mais le père adoptif de la jeune femme, qui est un homme en fin de vie, ne l’entend pas de cette oreille. Il est persuadé qu’elle a été à nouveau kidnappée et supplie Noah de la rechercher. Et ce dernier va céder, sans penser à tous les dégâts collatéraux que son obstination risque de provoquer.

Si le scénario de cette intrigue possède quelques invraisemblances, elles ne m’ont pas vraiment gênée plus que ça. Sans aucun doute parce que l’écriture (bien traduite par Fabrice Pointeau) est toujours aussi accrocheuse, que les rebondissements sont nombreux et que l’auteur sait parfaitement nous balader d’une piste à une autre, nous entraînant sur des suspects potentiels avant de nous prouver le contraire. La fin est d’ailleurs très surprenante et je ne l’avais pas imaginée (par contre d’autres possibilités, que j’avais envisagées pour le reste de l’histoire, se sont avérées vraies). Le rythme est soutenu, parce que Noah n’arrête pas de « courir », d’aller à droite, à gauche, c’est un feu follet, assez imprévisible, en marge de la loi quand il trouve que ça ne va pas assez vite. Il est exaspérant à tout vouloir gérer lui-même mais également attachant car c’est un homme de parole et ça se fait rare. J’ai trouvé les autres personnages intéressants dans l’ensemble, notamment le vieux shérif. Certains traînent des « casseroles », d’autres une part d’ombre importante, tous ont des « raisons » d’agir comme ils l’ont fait. On se dit que parfois la frontière entre le bien et le mal est très fine. Alors, oui, Noah a tort, probablement d’agir en justicier, mais quels autres choix a-t-il face à ce qu’il découvre ? Quand on connaît la lenteur des procédures, les erreurs minimes qui peuvent mener à des non-lieux, on se demande ce qu’on aurait fait face à de telles atrocités.

Cauchemar est un recueil sans temps mort, abordant plusieurs thèmes qui poussent le lecteur à s’interroger, à aller plus loin dans la réflexion. Je n’ai pas vu le temps passer, j’ai presque fini essoufflée auprès de Noah. C’est dire si ce nouveau titre de Paul Cleave m’a captivée.

 

Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Fabrice Pointeau
Éditions : Sonatine (7 Novembre 2019)
450 pages

Quatrième de couverture

Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect. Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu'à ce que l'homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah la retrouve enchaînée dans une cave, encore en vie. Fin de l'histoire ? Non. Douze ans plus tard, Alyssa est à nouveau portée disparue. Et le cauchemar recommence.

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