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29/09/2012

Derrière la haine, de Barbara Abel (chronique 2)

Derriere-la-haine.jpgUne chronique de Paco.

Venant de me fissurer un os de la main - 5ème métacarpe pour les connaisseurs! -, je vais être astreint de rédiger uniquement avec la main gauche! Du coup, je ne vais pas pouvoir établir une critique aussi complète que je l'aurais souhaité pour ce roman qui l'aurait amplement mérité, mais je vais en dire le principal et ainsi ne pas trop m'étaler (comment ça ouf ??)... J'ai tendance à trop tartiner ? bien possible. La preuve, à ce stade de la chronique, je n'ai encore rien dit de valable ! Bref...

Blague mise à part, je tiens à vous parler de ce roman maintenant, juste après l'avoir refermé, car je suis encore sous le choc de ce récit psychologiquement dur et difficile à accepter. Barbara Abel nous écrit cette histoire avec une écriture simple, austère (dans le sens sans "chichi"), mais hautement addictive et efficace! Les pages se tournent sans aucun accroc; à la limite de sentir venir une certaine frustration de ne pas pouvoir traverser ce récit plus rapidement pour en connaître la direction précise ainsi que l'aboutissement.

L'auteur introduit le lecteur dans son histoire d'une manière tout à fait soft, agréable, sans surprise, au point de se demander si nous n'allons pas simplement être spectateurs d'évènements tout à fait anodins, très banals, inoffensifs, limite insignifiants. Mais voilà, certainement pas sans intérêt car on s'imprègne, on s'imprègne encore et on s'enlise sans vraiment voir venir. Et oui... Barbara Abel, par une écriture finalement très cruelle et sournoise, nous plonge la tête sous l'eau sans que nous nous en apercevons, d'une manière insidieuse et dissimulée. Car dans sa cruauté, elle ne nous retient pas longtemps la tête sous la surface, mais elle nous la remonte à chaque fois, juste avant de suffoquer, de perde le souffle; très aimable... 

Et nous, lecteurs naïfs, on se dit finalement qu'on a réagi un peu vite à cette attaque sournoise et que cette histoire est encore pleine d'espoir! Mais au fil de la lecture, ayant retrouvés de justesse un peu de lucidité, nous remarquons déjà que l'auteur nous prépare un nouveau coup de théâtre. Un coup puissant sur la tête, celui qui nous terrasse et nous fait comprendre que la descente aux Enfers est définitive. Des marches raides que nous franchissons avec le cœur lourd, sans possibilité de remonter car Barbara Abel les a déjà rendues très glissantes, déjà bien avant qu'on les franchisse, et surtout sans qu'on s'en aperçoive. Et nous aurions pourtant pu voir venir la chose! Enfin, pas sûr...

L'auteur nous a pourtant lâché quelques indices au compte-goutte, des signaux, je le reconnais, pas si évidents à déchiffrer; mais lorsqu'on s'en aperçoit il est déjà bien trop tard. Et c'est une des forces de ce roman; l'effet de surprise. Toute la subtilité se trouve dans la psychologie des personnages et c'est de ce côté-ci qu'il faut analyser un peu si vous ne voulez pas vous faire berner, pour ne pas dire autre chose... 

Que sommes-nous capable de faire dans la douleur absolue? Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour retrouver ce qui nous manque? Connaissons-nous vraiment les personnes qui nous entourent – l’essence même, même des plus proches? Justement...

L'intrigue est effroyable, je ne vois pas qui pourrait le nier après avoir refermé ce bouquin. Un drame, un fait divers, une avalanche de conséquences. Des sentiments très forts ressortent de ce récit, tels que le remord, les non-dits, la rancœur, la douleur, la suspicion, la haine, mais surtout celui de la culpabilité. Beaucoup de paramètres vont tourner autour de ce sentiment-là et les personnages de cette sombre histoire vont en faire les frais. Des personnages perdus, meurtris et blessés face au deuil, face à la mort, soit face à une douleur indescriptible. Et justement, Barbara Abel, elle, trouvera les mots pour vous transmettre cette émotion, ce déchirement, cette affliction terrassante qui va certainement vous absorber. Et ne compter pas trop sur l'auteur pour vous remonter à la surface!

Barbara Abel, par son écriture un peu naïve d'abord, puis mordante et incisive ensuite, vous emmènera dans un piège bien préparé. L'intrigue se tient bien et une tension vous tiendra constamment en éveille, pour ne pas dire sur les dents. Le dénouement est fidèle à tout ce que je viens de vous dire, mais je ne vous en dévoilerai pas plus. En ce qui me concerne, quelques effets de surprises n'ont pas pris, car j'avais tout de même découvert où Barbara Abel voulait nous emmener. Je l'ai quand même suivie pour voir si la direction que j'avais soupçonnée juste était bien correcte, et malheureusement c'était bien le cas. Pourquoi malheureusement? Car j'aurais finalement souhaité avoir tort; c'est cruel...

Je ne vous ai même pas raconté l'histoire finalement, mais est-ce vraiment essentiel? Il y a des "4ème de couverture" pour cela non? Et pensez à mon os fissuré... Je n'arrive plus à écrire... Dommage ;-)


Bonne lecture !

Paco (passions romans)

Une autre chronique sur ce roman, celle de Richard.

Derrière la haine
Barbara Abel
Fleuve Noir
2012 ; 317 pages

Présentation de l'éditeur

D'un côté, il y a Tiphaine et Sylvain ; de l'autre, il y a Laetitia et David. Deux couples voisins et amis, ayant chacun un enfant du même âge. Deux couples fusionnels et solidaires qui vivent côté à côte dans une harmonie parfaite. Jusqu'au jour du drame. Un tragique accident fait voler en éclats leur entente idyllique, et la cloison qui sépare leurs maisons tout comme la haie qui sépare leurs jardins ne seront pas de trop pour les protéger les uns des autres. Désormais, les seuls convives invités à la table des anciens amis s'appellent Culpabilité, Suspicion, Paranoïa et Haine... Derrière la haine est un roman psychologique à glacer les sangs, d'une noirceur implacable.

Commentaires

Bonsoir Paco,

Pour un gaucher forcé mais non contrarié, je trouve que tu te débrouilles fort bien, que serait-ce si la main droite avait officié ?
Barbara Abel habite Bruxelles comme moi, c'est une compatriote et je n'ai rien lu d'elle.
Pourtant, ce n'est pas faute de lire des chroniques de ses ouvrages qui vont toutes dans une seule et même direction: excellent !
Je vais me laissé tenter, cette chronique est l'élément déclencheur qui me manquait. Reste à me procurer le bouquin. Merci. Amitiés. Jean

Écrit par : dewilde | 29/09/2012

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