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25/07/2020

Lou après tout - Tome 3 : La bataille de la douceur, de Jérôme Leroy

Lou.jpgUne chronique de Cassiopée

« Renoncer aux mots, c’était aussi renoncer à la beauté. »*

« La bataille de la douceur » est le troisième (et dernier) tome de la trilogie post apocalyptique de Jérôme Leroy. Le premier fil conducteur est Lou que l’on suit depuis l’âge de cinq ans et pendant très longtemps. On la voit évoluer, devenir femme, se battre, faire des choix, prendre de plus en plus sa vie en mains.

Le second fil conducteur est la poésie. Celle qui est citée par l’intermédiaire d’extraits de poèmes, notamment d’Apollinaire, mais également celle qui imprègne le récit grâce à l’écriture de l’auteur. Il a un phrasé qui semble sublimer chaque mot, leur donner une valeur unique, porteuse de sens. Son style est musical et les noms qu’il donne aux personnages (même ceux qui sont « méchants ») leur vont bien et pour ceux qui sont des « éléments positifs », ils font rêver….

Par exemple, Lou, qui est maintenant une personne âgée, va transmettre ce qu’a été sa vie aux « cueilleurs d’histoire ». Ceux qui gardent une trace du passé, pour ne pas oublier, se souvenir, rester unis et solidaires. Lorsqu’un danger est le même pour tous (comme pour une pandémie), les hommes se serrent les coudes car ils sont tous au même plan, personne n’est avantagé. Bien sûr, il y en aura toujours qui essaieront de tirer profit de la situation, mais globalement, c’est plutôt « l’union fait la force ». Le monde de Lou a souffert, il a connu « La grande panne » et tout a été à reconstruire en luttant contre ceux qui étaient devenus des ennemis. Il a été nécessaire de revenir aux fondamentaux, aux valeurs sûres, celles qui portent les êtres humains, les aident à être meilleurs ou à défaut, à donner le meilleur.

C’est par l’intermédiaire de retours en arrière que l’on apprend les événements des dernières années. Il y a un peu moins d’actions que dans les deux recueils précédents. Lou, qui raconte, est plus dans la réflexion, l’analyse. Elle a besoin de faire le point, d’expliquer, presque en les justifiant, certains de ses choix. J’ai trouvé très intéressant qu’elle prenne du recul, qu’elle transmette ce qui a été, ce qui doit rester….et qu’elle reste modeste, sans se mettre en avant.

L’auteur parle de lieux que je connais, en France, cela donne une puissance supplémentaire au texte, parce qu’on rentre dedans, on s’y voit. De plus, la plupart des dérives qu’il imagine paraissent terriblement plausibles (et c’est bien triste, car cela résonne comme un signal d’alarme). Cette série qui vise un public adolescent peut être une bonne occasion de parler avec eux de certains problèmes de société : la place des écrans, des réseaux sociaux, le dérèglement climatique, la pollution, etc …. Ce sont des thèmes qui sont au centre de l’intrigue. Si on rajoute à cela les relations entre les uns et les autres, on pourrait presque penser que Jérôme Leroy donne un mode d’emploi : ce qu’il faut faire pour éviter d’en arriver à des situations extrêmes que les hommes ne pourront plus gérer….

J’attendais ce tome trois avec impatience, j’avais peur de redites mais ce n’est pas le cas. Les quelques allusions au passé sont légères. L’auteur n’est pas non plus tombé dans la facilité de chapitres enchaînant luttes, pauses, combats, petits repos avec peurs, batailles, trêves trop courtes etc…. Il a su exprimer « le chant du monde », parfois violent, à d’autres moments combatif, et il a laissé une part belle à l’espérance, comme si l’homme avait retenu la leçon et n’allait plus renouveler les mêmes erreurs…. A méditer, n’est-ce pas ?

*page 89

 

Éditions : Syros (9 Janvier 2020)
560 pages

Quatrième de couverture

Lou quitte Wim avec un goût amer. Dans le monde d’après l’effondrement, existe-t-il un seul endroit épargné par l’horreur ? Son dernier espoir, comme pour Amir, Cesaria et Maria : la Douceur. Lou ne sait pas encore à quel point la route pour l’atteindre sera longue.

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