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02/07/2020

La Nanny, de Gilly Macmillan (The Nanny)

nanny.jpgUne chronique de Cassiopée

Dans les années 80, les familles aristocrates de la bonne société londonienne ont souvent une nanny. C’est la perle indispensable au bon fonctionnement du foyer, celle qui s’occupe des enfants, d’une façon discrète et efficace. Celle qui devient vite indispensable parce qu’elle décharge les parents des soucis matériels, pensent même parfois à leur place en anticipant, en prenant les initiatives qui vont bien. Alexander et son épouse, écoutant les recommandations d’une relation familiale, ont embauché Hannah qui s’occupe de leur fille Jocelyn. Un lien très fort unit la fillette et sa nounou, à tel point que, la petite Jo se désintéresse de sa maman, comprenant que cette dernière à d’autres priorités que sa progéniture. Dans le manoir où ils habitent, il y a des réceptions, des parties de chasse, toute une vie où les enfants n’ont pas facilement une place. Un matin, c’est le drame. Jo se réveille, appelle sa nanny mais personne ne répond. Elle a disparu et elle ne donnera plus jamais de ses nouvelles.

Trente ans plus tard, le père de Jo est décédé, sa mère habite toujours le manoir familial. Jo, quant à elle, est veuve avec une petite fille appelée Ruby. Traversant une passe financière délicate, elle va s’installer chez sa génitrice, le temps de se remettre à flots. Et voici qu’un jour, une femme sonne à la porte, elle annonce être Hannah, la nanny tant aimée. Comme Jo est toujours mal à l’aise avec sa mère, c’est un pur bonheur de retrouver Hannah. Elles échangent, se rapprochent mais leurs souvenirs ne semblent pas toujours en phase. Jo n’a pas le temps, ni l’énergie de se pencher sur ses détails.

Ce récit se situe sur plusieurs niveaux, dans le passé (1976, 1987), le présent. Les indications de lieu et de temps sont très claires et on sait exactement quelle est la période évoquée. De plus lorsque Jo ou Virginia, sa mère, s’expriment, elles disent « je » et nous pénétrons ainsi dans leurs pensées. Pour les autres, c’est un narrateur qui rapporte les faits.

J’ai trouvé ce roman très bien construit. Une même situation peut être décrite par différents individus, chacun donnant un éclairage avec son ressenti. Les rapports entre les protagonistes sont complexes, chacun d’eux a une part d’ombre, des choses à cacher. Dans la famille de Jo, les non-dits et les secrets sont nombreux, elle ne tarde pas à s’en apercevoir et ce n’est pas aisé pour elle car elle ne sait plus à qui faire confiance. Le lecteur lui, se demande qui ment, qui manipule, qui a raison,…. L’atmosphère est lourde de tensions accumulées entre les uns et les autres et c’est très bien retranscrit. Il y a une approche psychologique des personnages, on découvre leur âme tourmentée, on essaie de les comprendre, voire de les excuser. Plusieurs thèmes sont abordés, la place de chacun dans la société en fonction de sa fortune, le lien avec l’art, le besoin de certains de vouloir toujours plus, la perversité, les liens familiaux et la place des enfants etc….

L’écriture de l’auteur est accrocheuse (merci à la traductrice), le contenu addictif. A chaque fin de chapitre, on se pose la question de savoir ce qu’on va lire dans les pages suivantes. J’ai apprécié que ce thriller, il y a quelques invraisemblances mais elles ne m’ont pas dérangée tant j’étais prise dans l’intrigue. Le contexte s’installe, calmement mais il n’y a pas de temps mort, et l’intérêt est toujours maintenu. Une belle lecture !

 

Traduit de l’anglais par Isabelle Maillet
Éditions : Les Escales (11 Juin 2020)
440 pages

Quatrième de couverture

À la mort de son mari, Jocelyn n'a d'autre choix que de revenir s'installer avec sa fille Ruby à Lake Hall, l'austère manoir familial où vit toujours sa mère, aristocrate arrogante et froide.
À peine arrivée, Jocelyn reçoit la visite d'une mystérieuse femme déclarant être Hannah, la nanny qu'elle adorait enfant, disparue du jour au lendemain en 1987.

 

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