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13/08/2015

La complainte des filles de Lot, de Morgan Caine

complainte-filles-lot.jpgUne chronique de Cassiopée.

Une fiction ? Et si c’était vrai…

 Pour son premier écrit, j’avais comparé Morgan Caine à MHC en disant qu’elle n’avait rien à lui envier.

Si son illustre aînée ne donne plus sa pleine mesure et produit des romans qui se ressemblent, ce n’est pas le cas de Morgan.

Son écriture s’est affirmée, son propos est chargé de sens et elle ne se voile pas la face quitte à soulever chez le lecteur beaucoup d’ interrogations.

 Il faut du courage pour aborder des sujets tels que inceste, pédophilie groupe de paroles pour le besoin d’une thérapie, sans tomber dans l’excès, dans le pathos, le voyeurisme ou même dans la vulgarité. Il faut oser mettre des mots sur des faits, donner la parole aux victimes et permettre également à ceux dont on dit qu’ils sont des « monstres » d’exprimer une certaine forme de souffrance. Lorsqu’elle évoque le cas Polanski, l’auteur ne prononce pas de verdict, elle ne se pose pas en juge, elle nous renvoie en pleine figure des questions, de celles qu’on a tendance à « oublier ». Non pas parce qu’elles dérangent (même si… quand même un peu…) mais surtout parce que, vu qu’on ne se « bouge » pas (le peut-on d’ailleurs ?), faire l’autruche est peut-être plus facile …  Comme cela, on continue d’avancer sans obligation de se positionner, sans prendre le risque de dire : je ou moi ….

 Morgan ne dit pas « je » ou «moi » sauf dans les notes de fin de roman, très utiles pour comprendre son cheminement vers cette écriture. Elle n’est pas là pour parler d’elle mais bien pour soulever, par l’intermédiaire de ses personnages, des faits de société, tout à fait d’actualités, qu’il ne faut pas oublier et sur lesquels il est important que les hommes et les femmes se penchent.  Il n’y a pas que ceux que j’ai évoqués dans le paragraphe précédent.  Elle parle également de la navigation sur internet, des dérives de protection permettant à certains d’agir impunément, sans se faire prendre. ; des relations avec la presse, de ces journalistes prêts à tout pour un « papier » de plus ou un scoop télévisé et des méthodes pour protéger et éviter les dégâts collatéraux …

 Le contenu est grave mais le style reste très abordable, sans lourdeur excessive.  Les dialogues sont nombreux, les personnages enthousiasmants (ah cette chère Jordan, quel plaisir de la retrouver, fantaisiste, attachante, digne). Les situations sont présentées sans fioriture, sans violence inutile, les faits, tels qu’ils sont. Certains individus que l’on croise ne sont pas aisés à cerner, ils ont une part d’ombre et on se demande qui ils sont réellement.  Le mystère plane, les fausses pistes sont là, nous entraînant de ci, de là, d’une suggestion à l’autre. On suppose, on croit avoir compris, puis d’un coup, tout s’écroule et on repart dans une autre direction… L’art du suspense…...

 Le parallèle avec les filles de Lot(h) dans son approche biblique est bien intégré. De plus, sa présentation n’est pas rébarbative. On sent qu’elle est nécessaire à la compréhension de certains aspects de l’intrigue et ce n’est que petit à petit que les pièces du puzzle se mettent en place.

 « Il y a un temps pour se taire, et un temps pour parler. »

Je remercie l’auteur d’avoir écrit ce roman qui secoue, qui remue mais qui nous fait vivre….

Morgan Caine possède « l’intelligence du cœur » et le discernement nécessaire pour nous interpeler avec délicatesse, ce qui n’est pas donné à tout le monde …..

 

   Titre: La complainte des filles de Lot
Auteur: Morgan Caine
Editions: Rokh édtions (Août 2015)

 

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