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11/08/2017

Nuit sans lune au Waziristân, de Saqib Mausoof

Nuit_sans_lune.jpgUne chronique de Cassiopée

 Avant de s’installer à San Francisco où il est écrivain et cinéaste, l’auteur pakistanais Saqib Mausoof a passé du temps comme humanitaire au Waziristân, ce lieu situé entre l’Afghanistan et le Pakistan.  Peu de personnes y vont tant c’est reculé et dangereux, les talibans y sont installés en maîtres. Autant dire que ce qu’il évoque dans son roman est inspiré de ce qu’il sait de source sûre.

L’agent d’assurance Sayyid Qais Ali Qureshi, dit Cash, un homme veuf, accepte une mission périlleuse dans ce coin car il sera bien payé et il pourra ainsi faire soigner sa mère malade et offrir à sa fille des études et un avenir un peu plus radieux. Il sait pourtant que là où on l’envoie rien ne sera simple mais il a quelques contacts qui devraient l’aider et il pense qu’en quelques jours, tout sera réglé. Bien sûr, il aurait pu refuser mais celle qui lui demande, et pour qui il a un petit faible, lui fait miroiter tous les avantages à accepter alors il dit oui….

Malheureusement, rien ne va se passer comme prévu et il va être entraîné dans une spirale infernale de violence, mensonges, peur, corruption ….
C’est un roman noir, triste tant ce qu’on découvre par les yeux de Cash nous insurge, nous révolte. Personne n’est net, pas même lui, l’agent d’assurance, et on aperçoit  de pages en pages toute l’horreur du quotidien : les gens se battent, se surveillent, se tuent (que de morts !!), les femmes sont méprisées, mal traitées, soumises pour la plupart … Le propos est dur et c’est encore plus terrible lorsqu’on sait que c’est un reflet de la vérité…. Et ça fait mal….

Dans ce coin du monde, tout semble fragile, les relations politiques sont tronquées , les rapports humains déformés par un quotidien instable où rien n’est acquis. L’auteur le montre bien à travers son personnage : faire confiance d’une façon saine, sans arrière pensée et sans en avoir d’incertitude est impossible.

L’écriture est sèche, sans fioriture, précise (bravo à la traductrice) adaptée au contenu.  Le style percutant ne laisse pas le lecteur souffler, les faits s’enchaînent et parfois on voudrait dire stop devant tant de cruauté.  J’avais de la peine pour Cash, en suivant ses aventures, parce que je pensais qu’il ne pourrait pas en sortir  indemne, que son esprit serait marqué à jamais par ce qu’il vivait (et moi par ce que je lisais)….

Cela n’a pas été une lecture facile, les noms des protagonistes m’ont semblé difficiles à retenir et le contenu ne me laissait entrevoir aucune lueur d’espoir et j’avais beau me dire que c’était un livre, pas un reportage, je savais très bien qu’il ne fallait pas que je fasse comme si cela n’existait pas….. Finalement, ça secoue, mais ça ouvre aussi les yeux …  Saqib Mausoof a le courage d’écrire, de parler et chapeau bas monsieur !

 

Nuit sans lune au Waziristân
Auteur : Saqib Mausoof
Traduit de l'anglais par Benoîte Dauvergne
Éditions de l’Aube (Mars 2017)
ISBN : 9782815915120
330 pages

Quatrième de couverture

Sayyid Qais Ali Qureshi, dit Cash, est un agent d’assurances pakistanais installé à Karachi. Veuf, il a pour ­objectif principal d’offrir à sa fille un avenir décent et libre. C’est pourquoi il accepte d’aller constater un sinistre dans une des zones les plus dangereuses au monde, le ­Waziristan, région montagneuse au nord-ouest du Pakistan – ce qui pourrait lui ­rapporter beaucoup d’argent, à condition d’en réchapper !

 

 

 

 

 

 

 

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