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29/12/2016

L’affaire de la belle évaporée, de J.J. Murphy

belle_evaporee.jpgUne chronique de Cassiopée.

Une nuit à l’hôtel...

Dans les années vingt, à New-York, dans l’hôtel Algonquin, une réception est organisée pour fêter le nouvel an par Douglas Fairbanks, dans sa suite avec des invités triés sur le volet. Certains jouent au « jeu de l’assassin » et chacun a un rôle à tenir. A minuit, rendez-vous dans le hall pour les bons vœux ! L’extravagante Dorothy Parker est là avec quelques uns de ses amis. Elle est toujours aussi spontanée, désinvolte en apparence, avec un esprit affûté qui observe et enregistre chaque détail.

Ça tombe plutôt bien qu’elle soit attentive car une des stars de la soirée, Bibi, est retrouvée morte dans le bain de champagne où elle s’était glissée, nue, devant de nombreux spectateurs et c’est Dorothy qui la découvre ….  Pour comble de malheur, un cas de variole dans une des chambres implique une quarantaine pour toutes les personnes présentes et surtout aucune arrivée de l’extérieur. Impossible de faire venir les policiers pour mener l’enquête…. De plus, parallèlement à la mort de la starlette, un médaillon disparaît et des événements bizarres ont lieu…. Tout ceci instaure un climat de suspicion et de regards de travers sur les uns et les autres…. Et nous voilà dans un huis clos, un trente un décembre avec la neige et le froid omniprésents……

Mêlant habilement les personnages réels et imaginaires, dans une atmosphère surannée et délicieuse (au sens où elle est parfaitement décrite), l’auteur nous fait courir à sa suite d’un étage à l’autre de l’imposant bâtiment, galopant dans les cuisines, ou nous cachant dans le monte-charge.  Il n’y a aucune difficulté à imaginer le vieil ascenseur ou le standard avec les fiches et les boutons rouges. J’avais presque envie d’avoir un plan de l’hôtel ou des photographies sépia tant j’avais l’impression d’ y être. Les protagonistes sont hauts en couleurs, tout à fait « d’époque ». On visualise les scènes mais également les individus car les descriptions sont précises sans être lourdes.

Quant aux dialogues, ils sont truculents (bravo au traducteur car cela ne doit pas être facile de trouver le mot juste pour garder un humour fin et intelligent). Le matériel évoqué, le langage utilisé entre les uns et les autres, tout sonne juste et vraiment, je le redis, l’ambiance est très réaliste (même si je n’ai pas vécu à cette époque pour pouvoir comparer ;-)

Dorothy Parker n’a pas sa langue dans sa poche, elle aime les hommes et n’a pas peur de grand-chose. A elle seule elle habite le roman de bien belle manière. Mais ses acolytes ne sont pas en reste, Sir Conan Doyle qui veut mener l’enquête ou Woollcott, un tantinet exaspérant, ainsi que les autres fêtards, tous ont à cœur de comprendre  qui a tué Bibi et pourquoi. Une actrice jalouse ? Un amant éconduit ? Nombreux sont ceux qui auraient pu agir avec ce qu’ils estiment être de bonnes raisons. Mais la vérité n’est pas toujours celle qu’on croit. Et il faudra bien Dorothy, Conan et quelques autres pour démêler le vrai du faux.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture, non pas pour l’enquête en elle-même, bien qu’elle soit campée et imaginée avec doigté mais pour cette promenade le temps d’un roman, dans les années Prohibition aux Etats-Unis. J’avais presque le sentiment d’un film qui se déroulait sous mes yeux, il ne manquait que le son… Alors, pourquoi pas une version pour le petit ou le grand écran ?

 

L’affaire de la belle évaporée
Auteur : J.J. Murphy
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Yves Sarda
Éditions : Baker Street (Novembre 2016)
ISBN : 9782917559963
340 pages

 

Quatrième de couverture

31 décembre, New York, à l'époque de la Prohibition.
En compagnie de ses fidèles amis, Woollcott et Benchley, Dorothy Parker fête le nouvel an à l'hôtel Algonquin. La grande star de théâtre et de cinéma, Douglas Fairbanks, y organise une réception dans sa luxueuse suite. Alors que la soirée bat son plein, l'un des invités, le Docteur Hurst, annonce qu'un cas de variole vient d'être détecté, et que l'hôtel est mis en quarantaine. Le cauchemar ne s'arrête pas là : quelques heures après le début des festivités, Bibi Bibelot, l'extravagante vedette de Broadway, est retrouvée sans vie dans un bain de champagne.
Dans une course contre la montre, Dorothy va mener l'enquête, épaulée par Sir Conan Doyle, le célèbre créateur de Sherlock Holmes.

 

 

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