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07/03/2017

La prophétie de Langley, de Pierre Pouchairet

la_prophétie_de_langley.jpgUne chronique de Jacques

 Et si des kamikazes détruisaient une centrale nucléaire ?

 Comment imaginer, en lisant les premières pages de ce polar, que celui-ci nous entrainerait depuis les arcanes de la finance mondiale jusque dans le terrorisme le plus sanglant, des traders de la salle des marchés d’une grande banque française à un prince d’un pays du Golfe finançant le terrorisme islamiste ?

 Liens entre finance internationale et groupes islamistes, mécanismes politiques et sécuritaires mis en place quand une catastrophe nucléaire majeure se produit, ce sont deux des thèmes développés par cette fiction qui pourrait bien demain devenir réalité, y compris en France, haut lieu de l’énergie nucléaire.  

Pour cela, l’auteur s’appuie sur une documentation précise, fouillée, qui porte aussi bien sur la sécurité de nos centrales (plus précisément ses carences, que tentent de camoufler EDF et le pouvoir politique) que sur les mécanismes financiers complexes qui permettent de financer des attaques terroristes. Sa collaboration avec  un spécialiste des systèmes bancaires permet à Pierre Pouchairet de nous faire toucher du doigt certains des mécanismes boursiers qui pourraient être utilisés  pour gagner des sommes pharamineuses en jouant à la baisse de grandes sociétés énergétiques dont on va faire chuter la valeur des actions d’une façon... non orthodoxe !

Le récit commence comme une enquête policière classique dans laquelle se mêlent petits caïds de banlieue, victimes collatérales ainsi qu’une femme, commandant de police. L’écriture de l’auteur est d’une sobriété extrêmement efficace qui s’accorde avec la tension permanente qu’il cherche et réussit parfaitement à susciter. Sa parfaite connaissance de la police ainsi que du milieu politique (présent dans le livre au plus haut niveau quand des choix vont s’avérer nécessaires pour activer de façon précise des dispositifs de sécurité liés à des actes de terrorisme de grande ampleur) sont aussi percutants que caustiques et crédibles. En quelques phrases courtes, il parvient à camper un personnage secondaire avec suffisamment de justesse et de précision pour qu’il reste durablement dans la tête du lecteur. Quant aux trois personnages principaux, il parvient à les rendre attachants en mettant en valeur leur originalité et leurs possibles contradictions, qui font souvent le sel de tout bon personnage.

 Ludovic d’Estre est un jeune trader issu d’une famille riche et influente. Polytechnicien, il a un parcours plutôt classique pour ceux qui fréquentent les salles de marché, ce qui n’est pas le cas de Reda Soulami, son adjoint et copain le plus proche, jeune beur de banlieue.

Après avoir repéré des mécanismes suspects sur un portefeuille d’actions liées à des sociétés énergétiques, Ludovic va tenter avec l’aide de Reda de comprendre ce qui se passe en espérant en tirer un bénéfice substantiel. Les conséquences pour eux seront désastreuses puisque Ludovic d’Estre va être assassiné et que Reda sera soupçonné de meurtre, puis d’accointances avec un groupe terroriste.

L’enquête qui va suivre sera menée de façon séparée par Reda et Johana, une commandante de police courageuse et compétente qui sait s’opposer quand il le faut à sa hiérarchie.

 Au fil des pages, l’enquête s’éloigne du meurtre initial pour nous entrainer vers une attaque massive et coordonnée d’une centrale nucléaire par des tueurs kamikazes. Tout ce que je peux vous dire sans rien dévoiler d’essentiel, c’est que Pierre Pouchairet ne fait pas dans la bluette : dans ce roman qui va vous tenir en haleine jusqu’à la dernière ligne, tout se tient, tout est cohérent autant qu’angoissant puis, au final, terrifiant. Une fois entamée sa lecture, vous ne le lâcherez plus !

 

La prophétie de Langley
Pierre Pouchairet
Éditions Jigal (2017)
280 pages

 

 

 

 

 

 

 

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