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16/12/2020

La proie, de Deon Meyer (Prooi)

téléchargement.jpgUne chronique de Cassiopée

« Nous sommes en miettes, nous sommes fragiles, mais nous sommes fondamentalement bons. »

Deon Meyer est un écrivain courageux. Il s’appuie sur ses romans et ses personnages de fiction pour dénoncer les errances du gouvernement de son pays : l’Afrique du Sud. Il évoque la corruption, le racisme, une police coupée en deux : ceux qui sont « pourris » jusqu’à la moelle, ceux qui essaient de tenir tête, de combattre, de trouver du sens à ce qu’ils vivent. Mais ceux-là sont cassés, brisés. Ils portent l’héritage de Mandela, sa lutte est devenue la leur mais que c’est difficile pour eux. Comment continuer à avancer, croire que demain, peut-être, les faits seront différents ? Que les hommes cesseront leurs exactions ? Que faire face à la kleptocratie ?

Ce récit se déroule principalement en Afrique du Sud et à Bordeaux avec un passage par Amsterdam et par Paris.

En Afrique du Sud, un homme a été jeté par la fenêtre d’un train de luxe. Il était consultant en protection personnelle mais avant il travaillait en lien avec la police. Ce sont donc deux anciens « collègues » qui vont être chargés de l’enquête : Benny Griessek et Vaughn Cupido. Deux hommes avec des quotidiens amoureux pas simples mais qui s’épaulent, s’écoutent.

À Bordeaux, un homme, Daniel Darret. Il a été membre de l’ANC Congrès national africain (en anglais : African National Congress), parti qui a permis à Nelson Mandela d’être à la tête du pays. Il s’est installé en France pour se faire oublier, ne pas laisser de trace derrière lui et surtout ne pas permettre à son passé de le rattraper car il était rattaché à la branche militaire de l’ANC. Il sait donc se battre, tuer, fuir et tous ses sens sont aiguisés mais il se fait très discret, transparent, jusqu’au jour où … une femme se fait agresser devant lui et il l’aide à sa façon… On comprend alors que Daniel n’est pas un homme ordinaire. Son passé va nous être dévoilé petit à petit. Pourra-t-il le tenir à distance ?

Daniel, Benny et Vaughn sont des personnages attachants. Chacun se veut fort mais chacun a des passages plus délicats, où le désespoir peut prendre le dessus, où il est nécessaire de trouver une raison pour continuer à avancer. J’aime ces protagonistes emplis d’humanité, prêts à tout pour les causes qui les « habitent », qui parfois se découragent mais trouvent la force de rebondir.

Deux lieux, deux intrigues qui finiront par se rejoindre, s’imbriquer pour ne faire qu’une.
Du rythme, des rebondissements, une fin un peu rapide, sans doute pour maintenir l’intérêt du lecteur mais un texte maîtrisé (bien traduit, merci à Georges Lory), ficelé, cadré.

L’auteur rappelle que la plupart des hommes de pouvoir sont corrompus et compromis quel que soit le niveau où ils interviennent. Ils n’ont plus beaucoup de crédibilité mais ils continuent d’imposer leurs vues car ils sont très nombreux …. Et d’autres luttent pour la liberté car ça n’a pas de prix….

J’ai vraiment apprécié cette lecture. Aucun temps mort, de l’action, un fond « politique » intéressant qui donne de la profondeur à tout ce qu’on découvre. Rien n’est anodin, l’auteur maîtrise la construction d’un polar à double entrée avec deux histoires qui se rejoignent. C’est une organisation au cordeau, parfaite et pour ce qui est de l’aspect politique, il sait parfaitement (et malheureusement) de quoi il parle…. Il y a encore du chemin sur la route du respect, de la tolérance, des droits de l’homme….

Traduit de l’Afrikaans par Georges Lory
Éditions : Gallimard (13 Août 2020)
ISBN : 978-2072857751
578 pages

Quatrième de couverture

Au Cap, Benny Griessel et Vaughn Cupido, de la brigade des Hawks, sont confrontés à un crime déconcertant : le corps d'un ancien membre de leurs services, devenu consultant en protection personnelle, a été balancé par une fenêtre du Rovos, le train le plus luxueux du monde. À Bordeaux, Daniel Darret, ancien combattant de la branche militaire de l'ANC, mène une vie modeste et clandestine, hanté par la crainte que son passé ne le rattrape.

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