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11/05/2021

Fletch, de Gregory Mcdonald (Flecth)

fletch.jpgUne chronique de Cassiopée

Écrit en 1974, ce roman a très bien vieilli et sa réédition en format poche est une excellente idée. Irwin Maurice Fletcher, dit Fletch, est journaliste. Un peu borderline au bureau, il se lance dans une enquête sur la drogue qui se vend en bord de mer. Afin d’en apprendre plus, il se fait passer pour un jeune drogué, maigre, les vêtements usés jusqu’à la trame, complètement perdu, le vagabond idéal sans attache. C’est sans doute pour ça qu’un homme l’aborde et lui propose un marché, le prenant pour un vrai SDF. Dans un premier temps, mille dollars pour l’écouter, puis 50000 pour le tuer dans une semaine exactement. Pourquoi cet homme veut-il mourir assassiné ? Il se sait condamner par un cancer, ne souhaite pas souffrir et veut que son épouse touche l’assurance vie (un suicide annulerait le versement de la prime).

Fletch joue le jeu et se dit prêt à accepter la transaction. Sauf que, comme beaucoup de journalistes, il est curieux et qu’il trouve cette démarche très très bizarre. Il va mettre à profit le délai de sept jours avant l’acte délictueux pour mener, le plus discrètement possible, une enquête sur le commanditaire, tout en continuant sa mission d’infiltration pour en savoir plus sur le trafic de substances illicites. C’est ainsi qu’il apprend que le futur mort est Alan Stanwyk, vice-président de Collins Aviation, marié à Joan dont le père est président directeur général de la compagnie. Une affaire familiale (de riches bourgeois) en lien avec les avions …

Le personnage de Fletch est très drôle, même si quelques fois, il dépasse les bornes. Il essaie de se débarrasser de ses deux ex épouses et des avocats qu’elles lui envoient pour non-paiement de la pension alimentaire. Il entretient des relations atypiques avec ses collègues et ses supérieurs. Il semble très insolent, détaché de tout mais sous des dehors « je m’en foutiste » il va au fond des choses. D’accord, ses méthodes ne sont pas très orthodoxes. Il se crée autant de fausses identités que nécessaires pour s’approcher de ceux qu’il veut interroger incognito et les dialogues qu’il établit alors avec ces personnes sont truculents. On a l’impression que cet homme se rit de tout, s’amuse de tout même lorsqu’il réalise que sa vie est en danger. Il fait preuve d’astuce, de fourberie, n’hésitant pas à mentir, tricher, manipuler, louvoyer, retourner sa veste, pour arriver à ses fins. Il n’a aucun scrupule, se fichant complètement des conséquences de ses actes, enfin c’est ce qu’il nous laisse croire. Fantasque ? Irresponsable ? Non, pas tant que ça, il assure ses arrières avec brio et intelligence et il est capable de retourner une situation à son avantage. Sa façon d’agir, parfois en marge, est un pur régal dans ce récit.

Fletch alterne les deux « mondes », celui de la plage où il côtoie des paumés et celui des riches (club de tennis et compagnie) où il fait tout pour comprendre le but d’Alan Stanwyk avec cette demande saugrenue d’être tué. Il est aussi à l’aise d’un côté que de l’autre, négligé ou élégant, rien ne le gêne, il passe partout pour obtenir des informations. Et il faut le dire, les découvertes sont nombreuses et sidérantes (mais ne comptez pas sur moi pour vous dire quoi que ce soit).

L’écriture (merci à la traductrice) est pétillante, emplie d’humour et de dérision. Le contexte de l’époque avec machine à écrire et vieux magnétophone est parfait pour cette double intrigue qui m’a procuré beaucoup de plaisir à la lecture !

Traduit de l’américain par France-Marie Watkins
Éditions : Archipoche (12 mai 2021)
Première parution en 1974 (1977 en France)
ISBN : 978-2377354696
312 pages

Quatrième de couverture

" Je vous offre 50 000 dollars pour m'assassiner. "Proposition peu courante. C'est pourtant celle que vient de faire Alan Stanwyk à Fletch, un jeune drogué qu'il a repéré sur la plage. Ce qu'il n'a pas prévu, en revanche, c'est que, malgré son jean troué et sa maigreur de chat de gouttière, Fletch n'est pas aussi paumé qu'il en a l'air. En fait, il est journaliste. Et comme tout bon journaliste, Fletch est d'un naturel curieux, très curieux...

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