Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/08/2021

Gadjo Farel, d'André Blanc

farel.jpgUne chronique de Cassiopée

Dans l’équipe du Commandant Guillaume Farel, ils sont six. Chacun son rôle, chacun ses compétences. Bien sûr, Farel c’est le chef mais il demande l’avis de ses hommes, il les écoute. Il les pousse à donner le meilleur d’eux-mêmes et ensemble, ils luttent, contre les hommes corrompus, contre la violence gratuite, contre le mensonge. Souvent les méthodes utilisées sont un peu limites mais rien ne les arrête. Ils ne lâchent jamais même si on leur conseille de prendre du recul, de faire une pause. Parce qu’il est comme ça, Guillaume, et ses hommes aussi. Il est intègre, assoiffé de justice, volontaire, minutieux. Il analyse, observe, ne se laisse pas influencer quitte à se mettre en danger.

Un ancien yéniche (groupe ethnique semi-nomade d'Europe), Joseph Kaiser, a parfaitement réussi dans la vie. Il est devenu un grand industriel et ce jour-là, on lui remet la Légion d’Honneur. Le summum pour un ancien patti (un chiffonnier)! Gonflé d’orgueil, fier, il attend cette distinction devant plusieurs personnes. Le voilà qui s’effondre, crise cardiaque…. Il s’avère que la mort n’est pas naturelle et Farel est chargé de l’enquête avec ses coéquipiers. Sa compagne, Maud, très douée, lui donne un coup de main et il a le soutien d’une femme juge qui refuse tout compromis avec les grands de ce monde. Les investigations vont être délicates. Beaucoup de personnes (même très bien placées) jouent double-jeu, ne disent pas la vérité ou qu’une infime partie. Farel et ses collègues grattent sous la couche de vernis des bien-pensants hypocrites, poussant ceux qui côtoyaient Kaiser dans leurs retranchements. Mais en face des policiers, il y a des hommes puissants, des ramifications qui vont plus loin que la surface des évènements, des industriels vérolés qui abusent des amitiés politiques pour signer des contrats, des mafieux prêts à tout, des traites….

André Blanc place ses intrigues dans la vraie vie et on en prend plein les yeux tellement c’est réaliste. Une fois encore, il égratigne les hommes de pouvoir. Il n’hésite pas à écrire : « Un homme politique honnête est un homme politique qui ne s'est pas encore fait prendre ». Je suis totalement séduite par le ton juste qu’il emploie pour parler des arcanes du pouvoir, de la politique. Parfois, je mélangerai presque Guillaume Farel et André Blanc. Ce dernier a été, à la fin des années 80, adjoint au contrôle budgétaire et au contrôle de gestion au maire de Lyon, qu’est-ce qu’il a observé ? Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il puise dans ce qu’il connaît, dans ce qu’on nous tait, surtout dans ce qu’on nous tait, nous cache …. Il démontre combien certains hauts placés pensent à leurs intérêts en faisant croire le contraire, glissant de temps en temps des allusions, profitant des points faibles, des secrets de chacun, instillant le soupçon, manipulant pour avoir les autres sous leur coupe….. Alors, forcément, l’intégrité, l’éthique de Farel dérangent…. Il veut la vérité, pas de compromis, pas de demi-mesure. Il a raison. Mais quand les ennemis sont des « bulldozers », prêts à tout pour casser, détruire, laminer, écraser Farel et ses adjoints, quel peut être le prix à payer ?

Avec ses récits ancrés dans la réalité, André Blanc ose, il ne baisse pas les yeux, il nous regarde et nous balance ses phrases choc, ses dialogues plus vrais que nature. Ça tape, ça cogne, comme un punching-ball, pif, paf, on reprend à peine notre souffle car la cadence est rapide. L’écriture est accrocheuse, il arrive qu’un des personnages s’exprime en disant « je » mais on le sait tout de suite. En italiques, quelques pensées intimes des protagonistes et c’est particulièrement intéressant.

Un livre réussi, abouti avec une intrigue qui se tient, des pièces de puzzle qui s’emboîtent jusqu’au dénouement final.

Éditions : Jigal (20 février 2021)
ISBN : 978-2377221257
315 pages

Quatrième de couverture

L’assassinat d’un ancien patti issu de la communauté yéniche devenu un industriel en vue va entraîner le commandant Farel de la BRB dans un maelström international où des personnages inattendus vont faire surgir les aspects les plus sombres de la nature humaine : officier militaire, manouche, chaman, ministre en exercice, avocat international, mafieux de l’Est…

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.