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02/11/2016

La mort nomade, de Ian Manook

la_mort_nomadeUne chronique de Cassiopée.

Et au milieu vit le désert…..

 Il s’appelle Yeruldelgger et il a choisi de se retirer de la police, certains diront qu’il était un peu trop violent, d’autres qu’il avait mauvais caractère et n’en faisait qu’à sa tête…. Installé dans une yourte en plein désert de Gobi, il vit de peu et de rien, bien dans sa nouvelle vie, à la recherche d’une certaine forme de paix, loin des hommes et des femmes ….

« C’est un sage... sur ses conseils… je me suis retiré loin de tout à la recherche de ce que les chrétiens appellent la rédemption et que lui définit comme un retour à l’harmonie. »

Mais voilà que la gente féminine vient à sa rencontre de diverses façons…. Et pas n’importe quelles femmes ! Chacune de celles qu’il va croiser aura le caractère bien trempé, une force insoupçonnée. Elles feront toutes preuve de beaucoup de détermination dans ce qu’elles veulent obtenir de lui. La première veut qu’il l’aide à retrouver sa fille étudiante qui a  disparu. Il ne veut pas être dérangé notre homme, il  veut qu’on le laisse tranquille et pourtant…il prend la route.

 Il ne perd pas de vue qu’il souhaite se rendre à un « naadam », sorte de festival-rencontre traditionnel en Mongolie, autour du tir à l’arc. Alors sur le chemin, s’il peut aider pourquoi pas, mais  son but et il le rappelle régulièrement, c’est le naadam.

 C’est dans l’ambiance feutrée du désert que se déroule l’essentiel de l’intrigue et le lieu est presque un personnage à part entière tant on le sent présent. Pour un peu, on sentirait le sable crisser sous nos semelles. Le décor est là, l’atmosphère des grands espaces où tout est silence ou résonnance également. On sent les yeux de ceux qui veulent voir sans être vus, de ceux qui espionnent, traquent….

 Dans ce roman, l’auteur nous rappelle que la corruption, les trahisons, le non respect de la nature indiffèrent souvent les hommes et les femmes qui visent le pouvoir, prêts à tout écraser sur leur passage pour obtenir ce qu’ils veulent. C’est l’argent et la puissance qui dominent tout, même au milieu du désert !

J’ai bien aimé les pointes d’humour, parfois dans le texte, parfois dans les titres des chapitres, cela apporte un autre regard sur l’écriture de l’auteur, on sent qu’il a plusieurs « registres » à nous offrir. J’ai également apprécié les explications de la page 131 sur « la mort nomade » : oublier le mort là où il est pour ne vivre qu’avec son esprit qui accompagne les vivants. J’ai souri lors de l’explication du mât dressé près de la yourte qui indique que les habitants sont …. bien occupés….

 Au début, les dialogues où les personnages s’interpellent à la mode mongole « Petite sœur, grand-mère etc… » m’ont un peu dérangée, parce que cette façon de parler alourdissait les phrases à mon goût et de ce fait le rythme ralentissait puis je me suis habituée car je pénétrais de plus en plus dans l’espace décrit, je m’y installais et les mœurs du lieu me devenaient familières….

 L’écriture est lente, un tantinet poétique portant à travers ses personnages, un message fort de respect de l’environnement, de l’autre, de la vie tout simplement …. même lorsque la mort rode…..et que certains détruisent tout sur leur passage….

 

La mort nomade
Auteur : Ian Manook
Éditions : Albin Michel (Octobre 2016)
ISBN : 9782226325846
432 pages

 Quatrième de couverture

 Usé par des années de lutte stérile contre le crime, l’incorruptible commissaire Yeruldelgger a quitté la police d’Oulan-Bator. Plantant sa yourte dans les immensités du désert de Gobi, il a décidé de renouer avec les traditions de ses ancêtres. Mais sa retraite sera de courte durée. Deux étranges cavalières vont le plonger bien malgré lui dans une aventure sanglante qui les dépasse tous. Eventrée par les pelleteuses des multinationales, spoliée par les affairistes, ruinée par la corruption, la Mongolie des nomades et des chamanes semble avoir vendu son âme au diable !

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