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16/03/2017

La prophétie de Langley, de Pierre Pouchairet (chronique 2)

la_prophétie_de_langley.jpgUne chronique de Cassiopée.

C’est du très lourd….

Ça tangue, ça secoue, ça fait peur …. Les personnages sont dans l’urgence d’agir et nous dans l’urgence de lire….

Au début, on se retrouve avec deux collègues-amis  très différents. L’un, Ludovic, a une particule et vit dans les quartiers chics, l’autre, Reda, est maghrébin, issu d’une banlieue sensible : Trappes. Ils travaillent dans les affaires, au Crédit Parisien . Chacun a un étage : front et back office (tiens, on ne mélange pas) , et communiquent au sujet de marchés financiers, le premier, trader, est plus dans la réflexion, le second, comptable, plus dans l’action, se contentant d’exécuter les ordres en quelque sorte, mais si on compare les niveaux d’études, la différence est minime…. L’un des deux  découvre ce qu’il pense être un délit d’initié et les voilà partis ensemble, à essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de cette opération bizarre, à mener l’enquête dans le dos de leurs chefs.

Confronté à des événements graves, obligé de fuir, de se cacher, Reda va se retrouver de nouveau en contact avec les habitants du lieu où il a vécu et le regard que ses anciens potes posent sur lui est sans concession. Ils sont francs, bruts de décoffrage…

« Pas terrible, remarqua l’un des voyous.  C’est un bureau de naze. T’es même pas tout seul . »
Pourtant ils vont respecter un certain code de conduite qui est instauré dans la cité.
Une policière, Johana, va mener l’enquête. Comme c’est une femme entêtée, sérieuse, elle creuse jusqu’au fond des choses et ne lâche rien quels que soient les risques à prendre et les avis de ses supérieurs. Sa relation aux hommes apporte une saveur supplémentaire au texte et elle m’a fait sourire.

J’ai beaucoup appris sur l’économie et les explications, non rébarbatives, sont très claires, précises. Je m’imaginais, en lisant les premières pages, que j’allais être noyée, perdue sous des commentaires techniques, pointus, dans un jargon de « pros ». Le vocabulaire est parfois précis mais comme le propos est clair, on suit sans problème. Et on se rend vite compte que tout cela pourrait (espérons que le conditionnel reste de mise) être possible et ce n’est pas fait pour nous donner une vision réjouissante de ce que décident les dirigeants de tout pays (d’accord, on s’en doutait un peu…)
J’ai été scotchée par ce que j’ai découvert sur le nucléaire et ses risques (ma ville est citée, brrrr) et je crois qu’on ne connaît jamais la vérité…..

Je pense que les lectures (entre autres les  livres du Général Copel) et la collaboration de l’auteur avec L. Gordon ont permis de donner à ce roman une consistance basée sur du solide, chaque détail a son importance et chaque fait présenté s’appuie sur des références qui tiennent la route. C’est pour cela qu’au fil de l’histoire, le lecteur se recroqueville dans son canapé. Il reçoit  des informations affolantes et il ne peut pas faire l’autruche…. Alors, il lit, il dévore en se disant que, peut-être, à la fin, une lueur d’espoir apparaîtra….

C’est une lecture qui m’a comblée et comme je reste une éternelle optimiste, je n’ai pas le moral à zéro. J’ai apprécié la vivacité des dialogues, l’écriture sobre et complète à la fois, qui en quelques mots vous permet de connaître les personnages, les lieux, l’ambiance. On a l’impression d’un film qui se déroule sous nos yeux.  Aucun temps mort, de l’action, quelques protagonistes très attachants, un contenu qui tient plus que la route…. Que demander de plus ? C’est quand votre prochain livre, Monsieur ?

La prophétie de Langley
Auteur : Pierre Pouchairet
Sur une idée et avec la collaboration de L. Gordon
Éditions : Jigal (Février 2017)
ISBN : 978-2377220038
280 pages

Quatrième de couverture

Trader d'une des plus prestigieuses banques françaises, Ludovic d'Estre brasse chaque jour des millions d'euros… Issu de la bourgeoisie versaillaise, la vie a toujours souri à ce surdoué de la finance. Mais tout va basculer lorsque avec Reda Soulami, son fidèle collaborateur, Ludovic va s'intéresser à une transaction douteuse… Un délit d'initié ? Peut-être pire !

 

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