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18/05/2017

Je suis innocent, de Thomas Fecchio

je_suis_innocent.jpgUne chronique de Cassiopée

En lisant le premier paragraphe de  ce roman, j’ai eu une pointe d’appréhension. Sur ces premières lignes, le texte me semblait « scolaire », un peu comme dans certains ateliers d’écriture et j’appréhendais la suite. Alors, si vous avez le même sentiment que moi, ne vous arrêtez surtout pas à cette impression. Continuez et vous ne le regretterez pas.

Au fil des pages, le style s’affirme et on sent que l’auteur « en a sous le pied ». Je crois qu’en continuant d’écrire, il maîtrisera plus son sujet et s’améliorera encore. Mais, pour un premier polar, il y a déjà de très belles choses et surtout une intrigue qui révèle d’excellentes surprises.

Jean Boyer, c’est un méchant, un vrai. Il est devenu comme ça à cause d’un mauvais concours de circonstances mais maintenant il a compris. Sorti de prison, il se tient le plus loin possible des tentations charnelles, il habite un coin isolé, se raisonne, a un boulot, et reste « sage ». Alors, lorsqu’un matin, la police défonce sa porte, il ne comprend rien. D’autant plus qu’on l’embarque et hop garde à vue…. Il clame qu’il est innocent mais tout joue contre lui…. Que faire ?

L’enquête est confié au capitaine Germain, un policier atypique qui a épousé ce métier pour des raisons intéressantes bien développées par l’auteur. C’est d’ailleurs une de ses forces, il a su donner de la consistance à ses protagonistes sans nous imposer de longues descriptions. Les détails sont fournis petit à petit, intégrés au récit, offrant ainsi la possibilité de mieux comprendre les réactions et le comportement des uns et des autres.  J’ai beaucoup apprécié cet aspect du livre. Je trouve que cela donne une vraie « toile de fond » en rendant chacun plus humain. L’écriture est fluide, constante et les événements s’enchaînent sans temps mort. Les recherches pour résoudre l’affaire sont abordées avec des angles différents, des réflexions qui se recoupent ou s’éloignent. Le lecteur n’est pas déstabilisé pour autant car tout est bien cadré et cela évite une approche trop linéaire qui aurait pu lasser.

Je l’ai signalé plus haut, Jean Boyer est un vrai méchant, un de ceux qu’on évite de croiser, de regarder dans les yeux, de mettre en colère…. Un de ceux, détestable, dont on se dit qu’il a fait souffrir des êtres humains, pris des vies et qu’il faut le mettre en prison jusqu’à la fin de ses jours…. Et pourtant, Thomas Fecchio a réussi à déclencher une forme d’empathie chez moi pour cet individu. Sans doute, parce que, abhorrant l’injustice, je ne supportais pas ce que je croyais comprendre entre les lignes : des magouilles, des gens pas clairs qui cachent quelque chose, d’autres qui trichent …. Bien sûr, je n’avais aucune certitude et c’est sans doute là que l’auteur a été très fort : laisser la place au doute, aux questions et permettre au liseur de se faire sa propre opinion sur chaque individu.

Une lecture plaisante, complète, et un écrivain à suivre….

 

Je suis innocent
Auteur : Thomas Fecchio
Éditions : Ravet-Anceau (Janvier 2017)
ISBN : 9782359736007
304 pages

 

Quatrième de couverture

Six heures du matin. Des hommes armés déboulent dans la chambre de Jean Boyer. Dans un état de semi-conscience, le quinquagénaire a le temps d’apercevoir leurs brassards siglés « police ». Mauvais signe, surtout pour lui, ex-taulard relâché après trente ans passés derrière les barreaux. Ses crimes ? Meurtre et viols à répétition. Ce jour-là, c’est le capitaine Germain qui lui passe les menottes. Le cadavre de Marianne Locart, une étudiante originaire de Soissons, a été retrouvé enterré près du domicile du suspect, un bras sortant de terre. La première victime de Boyer avait subi le même sort. Pour la Justice, pour les médias et pour les politiques, le récidiviste devient le suspect idéal. Pourtant, Germain doute de la culpabilité de l’interpellé qui ne cesse de répéter « Je suis innocent ».

 

 

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