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20/09/2018

Les enfants de Lazare, de Nicolas Zeimet

les-enfants-de-lazare.jpgUne chronique de Cassiopée

Lire Nicolas Zeimet c’est accepter d’être bousculé. En effet, son écriture est « magnétisante », on ne veut pas perdre le contact et la lecture se fait presque en apnée, sans répit. Son style donne vie à ses personnages, les rendant palpables et de fait, ils font très vite partie de notre quotidien. Tout cela offre un récit réaliste dans lequel on découvre que les sujets abordés ne sont jamais neutres.

Pierre Sanak est journaliste, il est reporter d’images pour une chaîne de télévision, il filme et il ne choisit pas ses sujets. Il va où on l’envoie et si ce qu’il fait ne le passionne pas, c’est comme ça, on ne lui demande pas son avis. Il a une ex-femme et un fils. Sa vie est assez plate et on sent très vite que l’évolution de son métier ne lui convient pas. Mais peut-il faire autrement ?

Il ne se retrouve plus dans les tâches qui lui sont confiées. Cela ne correspond pas à ce qu’il pensait être son emploi. On le sent dès le début du roman, il se pose des questions, cherche un but dans ce qu’il doit faire…. Il rencontre par hasard, Agathe, une jeune cambodgienne qui a été adoptée en France. Le genre de rencontre qui ne s’explique pas, qui n’appartient à aucune logique mais qui fascine. Le voilà très intéressées par cette jeune femme qui sait se montrer énigmatique, attachante, captivante… Que cache-t-elle ? Qu’a-t-elle vécu qu’elle ne peut ou ne veut pas partager ? Pierre a envie de comprendre, de savoir …. Parallèlement au Cambodge, un jeune garçon vit une expérience de mort imminente…  Agathe prend alors une décision radicale qui déstabilise totalement le journaliste. Pierre sent qu’il y a un lien entre ce qu’a vécu l’enfant en Asie et la réaction d’Agathe en France. Alors, reprenant sa vie professionnelle en mains, il décide d’agir poussé par une soif de comprendre, mais aussi par ce qu’il sait être son rôle : ne pas se contenter de la face apparente de l’information mais aller plus loin, quitte à écorcher, déranger, bouleverser, et ainsi montrer la face dissimulée, sombre, secrète de ce qu’on nous transmet. On retrouve bien là une des problématiques de notre époque : rester dans le politiquement correct, ne pas trop en dire et laisser croire que… Pierre part au combat et le lecteur le suit, le colle, l’accompagne, prenant fait et cause pour son engagement, partageant ses craintes, ses découvertes, ses angoisses, ses espoirs. On bout avec lui, on vibre à ses côtés, on a peur, on tremble, on se sent concerné et c’est bien la puissance de l’écriture de l’auteur qui nous met dans cet état.

Le contenu est tout aussi complet que la forme. L’auteur est parfaitement documenté, glissant ça et là des renseignements, des faits crédibles, voire réels qui font froid dans le dos. Il ya de nombreuses références musicales (ah la play list de certains romans de chez Jigal !). Tout au long des chapitres, on sent le rythme qui s’accélère, comme une course contre la montre. L’atmosphère s’alourdit, les rebondissements se succèdent, tout semble échapper à Pierre, il ne maîtrise plus ce qui se déroule sous ses yeux. Notre cœur et notre esprit suivent la cadence, s’attachant à ses pas, se révoltant avec lui contre la marchandisation de la misère humaine, contre les hommes qui ne respectent rien, contre ceux qui savent et préfèrent se taire, contre les choix que d’autres sont dans l’obligation de faire car ils n’ont pas d’autres solutions…

Ce recueil est fort, puissant, il présente des rencontres, des sympathiques, d’autres non. Il évoque les hommes dans leurs forces et leurs faiblesses et il fait la part belle aux vrais journalistes, ceux qui choisissent de lutter pour la vérité et qui savent se mettre en retrait quand c’est le moment.

« Il coupa sa caméra. D’un coup, il n’était plus question de mener une interview. Juste d’écouter. Ecouter, pour apprendre. »* (Page 130)

Les enfants de Lazare
Auteur : Nicolas Zeimet
Éditions : Jigal (Septembre 2018)
ISBN 978-2-37722-041-0
298 pages

 Quatrième de couverture

Tout commence quand Pierre Sanak, journaliste reporter d’images à France Télévisions, croise par hasard cette jeune artiste un peu fantasque et très énigmatique. D’origine cambodgienne, Agathe a été adoptée, vit à Paris, ne se sépare jamais de sa guitare et semble errer entre plusieurs mondes… Pierre en tombe immédiatement amoureux. Apprenant en conférence de rédaction l’incroyable nouvelle de la résurrection momentanée de Sokhom, un jeune Cambodgien qui aurait vécu une expérience de mort imminente, Pierre ne peut s’empêcher de tisser un lien ténu avec l’histoire d’Agathe…

 

 

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