Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/05/2019

Offrande funèbre, de Douglas Preston et Lincoln Child (Verses for The Dead)

téléchargement.jpgUne chronique de Cassiopée

Vous n’avez jamais lu de roman avec Aloysius Pendergast ? Il n’est jamais trop tard, alors foncez ! Même si vous n’avez pas pris connaissance des intrigues précédentes, vous n’aurez aucun problème pour le cerner et en faire un intime très rapidement. Les yeux bleus, le regard assez froid, les cheveux blonds presque blancs, le teint pâle, sa haute stature impressionne. De plus, rien ne semble le déranger, un costume sombre en pleine chaleur et c'est à peine si une goutte minuscule de sueur se risque sur son front. Il est agent du FBI, c’est ce qu’on appelle couramment « un électron libre ». Il n’apprécie pas de travailler en équipe et entend mener les enquêtes à sa guise, avec quelques fois, des méthodes que l’on qualifiera de « peu orthodoxes ». L’adjectif qui le définit le mieux est « impénétrable ». Mais c’est comme ça qu’on l’aime !

Cette fois-ci, Il va être obligé d’accepter un coéquipier. En effet, le directeur du FBI a changé et le nouveau a bien l’intention de surveiller (de très très près) le cher Pendergast ! Content ou pas, il enquêtera avec le jeune Coldmoon, silencieux et plutôt effacé, adepte du café bouilli (berk) et lié aux Lakotas auxquels il fait référence de temps à autre. Ces deux-là n’ont pas vraiment de points communs, le premier doit associer le second à ses recherches et le second doit rendre des comptes, discrètement, aux supérieurs qui attendent une erreur de l’inspecteur pour le muter….Un duo improbable, qui est un plus indéniable dans ce roman. Il est intéressant de voir comment les auteurs ont abordé l’évolution des rapports entre les deux hommes. J’ai trouvé cela vraiment très juste et décrit avec finesse.

Voilà que le binôme est envoyé à Miami où un cœur humain a été découvert sur une tombe avec un message de condoléances signé « Monsieur Cœur Brisé ». Dans la tombe une jeune femme qui s’est suicidée il y a une dizaine d’années. Acte isolé ? Que nenni, quelque temps plus tard, un autre cœur est retrouvé sur une tombe d’une personne décédée dans des conditions semblables.

Tueur en série ? Pourquoi l’assassin laisse-t-il des mots avec « son offrande », que cherche-t-il et dans quel but ? Qu’est-ce qui peut relier des actes d’autodestruction à des crimes commis plus de dix ans après ? Pourquoi seules des femmes sont concernées ?

Ce récit, au rythme haletant, construit avec des chapitres courts, nous permet de suivre les deux limiers mais également une médecin légiste, Charlotte Fauchet. Intriguée par certaines remarques de Pendergast lors d’une autopsie, elle va approfondir des dossiers pour essayer de l’aider (serait-elle subjuguée par son charme sibyllin ?). C’est donc par plusieurs « entrées » que l’on suit les événements.  

Ce recueil est particulièrement réussi, le profil psychologique du meurtrier est tout à fait atypique, bien pensé et surtout amené petit à petit de fort belle manière. Pas à pas, par indices successifs, son caractère et ses raisons se dessinent et on se dit qu’on pourrait presque le comprendre, le prendre en pitié…. C’est très fort de la part des auteurs.

L’écriture et le style, agréables et fluides (sans doute aidés par un traducteur fidèle) permettent une lecture aisée, addictive. De plus, l’intrigue s’installe dans un vrai contexte réfléchi, mis en place pour donner du poids à chaque élément. Si parfois, Douglas Preston et Lincoln Child vont un peu vite pour écrire et c’est dommage, on sent que ce tome est plus étoffé, abouti et c’est une bonne chose !

 

Traduit de l’américain (Etats-Unis) par Sebastian Danchin
Éditions : L’Archipel (15 Mai 2019)
350 pages

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.