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29/02/2020

Sois gentil, tue-le, de Pascale Thiriet

téléchargement.jpgUne chronique de Cassiopée

Pascal, c’est un homme de peu de mots. Un taiseux, sans doute plus à l’aise sur l’océan que sur la terre ferme. Il s’exprime avec un phrasé simple, des phrases courtes, des mots qui tombent sans fioritures mais qui suffisent largement à saisir qui il est et à le rendre attachant dès les premières lignes. On sait de lui seulement ce qu’on a besoin de savoir, il ne développe pas, il fait dans le genre elliptique, à nous de comprendre sous les lignes ce qu’il ressent. Il a perdu son père, qui était pêcheur, c’est le risque quand on est marin. Alors il aurait pu rester à terre mais il n’a pas pu, sans doute qu’il lui manquait quelque chose, comme un goût de liberté, mais il ne le dit pas. Son bateau, il l’a baptisé « Le mort » à cause d’un livre …. pourtant il ne lit pas….  Il a eu une copine, Lorraine, puis une fille matelot, Murène, qui connaissait le métier aussi bien que lui…. Ils bossaient bien tous les deux, cohabitaient et plus si affinité puis elle l’a laissé. Il a continué, obligé parfois de faire des choses dont il se serait passé mais le crédit est là et il faut bien rembourser ….

C’est comme si la vie lui imposait des choix, il ne se pose pas de question. Il avance le pas sûr car lorsqu’on est souvent sur un navire, on se doit de tenir debout malgré la houle, la vraie qui souffle fort, décoiffe, secoue l’embarcation et celle, telle une tempête intérieure qui envahit votre corps et votre cœur …. Dans ces cas-là, on y va et on essaie de faire taire le tumulte là-dedans pour faire face. C’est pour ça que lorsque Murène lui demande de venir, il prend la voiture et va la rejoindre. Tout simplement parce qu’elle a besoin de lui. D’aucuns diront que, comme il est un peu primaire, il bondit sans réfléchir, quitte à se faire manipuler… Ceux-ci se tromperont. Pascal n’a peut-être pas fait de grandes études, il n’a sans doute pas une culture générale très étendue et une conversation fluide et aisée mais il a tout compris de la vie. Il est fidèle en amour et en amitié et quand on a besoin de lui, il est répond présent.

Ce livre m’a bouleversée, l’écriture particulière, atypique m’a conquise, elle m’a touchée au plus profond. J’avais l’impression que Pascal, le marin, me parlait, j’entendais ses silences, j’écoutais attentivement chacun de ses mots, je sentais parfois son haleine un peu alcoolisée, je crois même que j’ai touché ses mains rugueuses pour le rassurer, lui dire qu’il ne fallait pas s’occuper de ceux qui se moquaient, le dénigraient …. Je pense qu’il faudrait faire une version audio de ce roman, avec un bruit de vagues, de vent en toile de fond….et une belle voix rauque….

NB : la couverture est superbe, le phare droit comme un i face aux éléments, vent, ciel d’orage….en noir et blanc comme en écho à la phrase : « Si l’on m’avait demandé la couleur de la lumière, j’aurais répondu qu’elle était grise, grise et silencieuse. »

Éditions : Jigal (15 Février 2020)
154 pages

Quatrième de couverture

La mer, elle est partout. Et parfois, au milieu, il y a des îles. Pascal et Murène sont des insulaires mais pas de la même île. Lui, c'est une île de l'océan, et elle, une de Méditerranée. Ensemble, ils pêchent sur un chalutier. Le Mort, il s'appelle. Dessus, ballotés par les vagues et les tempêtes, ils vont bien ensemble. Mais à terre, avec leur passé à traîner, c'est pas facile tous les jours...

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