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25/10/2020

Mort à vie, de Cédric Cham

41phLGI+lFL._SX195_.jpgUne chronique de Cassiopée

Il y a quelques heures que j’ai terminé ce roman et j’ai encore froid… Un froid insidieux qui m’a mis le cœur à vif. Noirceur et désespérance sont les maîtres mots de ce récit d’un réalisme troublant. Un choc, une claque ou comment des hommes peuvent être broyés parce qu’ils ont fait un choix. Je ne parle pas de mauvais choix, parce que Cédric Cham nous démontre bien que parfois il n’y a pas d’autres solutions que celle choisie et c’est ce qui est terrible.  Ensuite, les circonstances, l’engrenage se mettent en place et détruisent …

Lukas vit en couple avec Camille, ils ont une petite fille, tout va bien. Jusqu’à ce jour où il est interpellé, mis en garde à vue pour un homicide. C’était sa voiture mais son frère conduisait… Ce dernier a déjà eu maille à partir avec la justice, alors Lukas ne pense qu’à une chose : protéger son frangin surtout qu’il a une « dette » envers lui. Et il se laisse embarquer lorsqu’on vient l’arrêter au boulot. Il découvre le monde de la prison, un microcosme avec ses lois, ses codes auxquels il faut se soumettre pour avoir une place. Un endroit où : « L’espoir rallonge le temps et grignote les nerfs. L’acceptation permet de trouver un semblant de paix. »

Quand on est emprisonné, il est nécessaire d’avoir une carapace, d’être fort pour s’en sortir. A l’intérieur, le temps se fige. Mais à l’extérieur, le monde continue d’avancer, votre famille, vos amis suivent le cours de leur vie….sans vous… On ne peut pas être assuré de retrouver ceux qu’on aime avec les mêmes liens lorsqu’on sort. Le temps aura fait son œuvre et que restera-t-il de Camille et Léana le jour où Lukas reviendra à la maison ? Il le sait, il le sent, plus rien ne sera pareil. Déjà les parloirs ne sont pas comme il le pensait. Alors, lutter ? Se laisser aller ? S’enfoncer ou relever la tête ? Garder une lueur d’espoir ou pour être plus solide, se l’interdire ? Est-il déjà un peu mort au-dedans de lui donc indifférent à tout ?

Pendant ce temps, Eddy, le frangin, retombe dans ses travers, argent facile, nanas etc… Le lecteur se sent impuissant, il voudrait lui hurler : arrête, regarde ce que tu deviens, pense à Lukas a pris ta place ! Mais ça, Eddy le sait, il le met dans un coin de son cerveau et il repart …. Camille, elle, ne comprend pas le « sacrifice » de son conjoint. Tout cela est évoqué avec doigté, intelligence.

Cédric Cham nous plonge dans le monde carcéral où la violence, la solidarité, les clans sont très présents. Il faut créer des liens mais les bons, ne pas se laisser bouffer, ne pas devenir victime, ni bourreau, l’équilibre entre tout cela est délicat. Si le moral n’est pas au top, on peut sombrer d’un côté comme de l’autre.

Avec son écriture sèche, brute, l’auteur nous prend aux tripes. Pas de verbiage inutile, des mots qui frappent comme autant de coups de poing, des phrases courtes qui rythment un texte où il est difficile de reprendre son souffle. Ça pulse, ça tempête, ça envoie du lourd, du très lourd….

La couverture est magnifique, en lien avec les sujets évoqués, Lukas n’est-il pas prisonnier de lui-même ? De sa volonté d’être quelqu’un avant de devenir un autre parce que le destin l’a entraîné sur une autre route ?

Noir ? Oui, très noir mais excellent ….

Éditions : Jigal (15 Septembre 2020)
ISBN : 978-2377221103
322 pages

Quatrième de couverture

Lukas coule une vie tranquille aux côtés de Camille et de leur fille Léana. Jusqu’au jour où tout vole en éclats : il est interpellé, et dans la foulée mis en garde à vue pour homicide involontaire... Voulant protéger son frère Eddy, Lukas va endosser une lourde faute qui n’est pas la sienne. Un choix terrible ! Pris dans cette spirale infernale, il se retrouve placé en détention provisoire. Fiché, numéroté. Écrou 52641. Ici, il va tenter de survivre.

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