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13/06/2021

Seule la haine, de David Ruiz Martin

haine.jpgUne chronique de Cassiopée

Ce roman est glaçant, fort, puissant, violent.

C'est un huis clos lourd, où l'angoisse va crescendo. Tout se déroule dans le cabinet d’un psychanalyste, Larry, qui reçoit Elliot, le frère d’un de ses patients, décédé par suicide. Elliot est persuadé que tout aurait pu se dérouler autrement si le psy avait fait du bon boulot. Alors il le prend en otage et la soirée commence. Leur face à face est empli de questions, tant pour l’un que pour l’autre. L’adolescent accuse et culpabilise le psy, qui lui essaie de comprendre où ce cauchemar va l’emmener. La folie monte, les interrogations se bousculent, la tension est permanente et le lecteur ne peut pas souffler.

C’est anxiogène, noir. L’auteur décrit avec brio des scènes dures, à la limité du soutenable. On a envie de voir une lueur d’espoir, on la cherche mais l’étau, inexorablement, se resserre et la boule que l’on a au fond de la gorge est de plus en plus douloureuse. On sent l’engrenage qui entraîne les deux personnages de plus en plus loin. Larry essaie de rester rationnel mais c’est difficile tant Elliot le harcèle, le pousse dans ses retranchements, le titillant même sur sa vie personnelle.  

Dans ce récit, l’auteur appuie sur les mots, nous rappelant leur force, leur puissance, l’énergie qu’ils peuvent dégager. Un mot peut rendre heureux, un mot peut détruire. C’est encore plus vrai dans ce livre. C’est effrayant.

Elliot est un adolescent à haut potentiel. Ses émotions, comme souvent avec ce type de personnes, sont exacerbées, décuplées. Sa souffrance, sa colère, sa rage, sa soif de vengeance, tout est surdimensionné, ça l’envahit, ça l’asphyxie, ça lui enlève toute forme de jugement. Il poursuit inlassablement son but : punir celui qui, pour lui, a fauté.

Impuissant devant tant de haine, le lecteur ne peut que lire, tourner les pages, souhaiter qu’un vrai dialogue s’instaure entre les deux protagonistes. Mais il réalise que plus le temps passe, plus le fossé se creuse emportant les deux hommes dans une spirale infernale.

Qu’adviendra-t-il à l’issue de cette nuit ? Qui en sortira indemne ? Certainement pas celui ou celle qui lira ce recueil tant les thèmes abordés renvoient chacun à sa propre vie. Qu’en est-il de l’éducation que j’ai reçue, de celle que j’ai transmise ? Ai-je fait les bons choix ? L’enfant que j’ai été est-il devenu l’homme ou la femme que mes parents avaient imaginé ? Quelles sont les valeurs qui sont importantes à mes yeux et face à un choix cornélien, qu’aurais-je fait ?

L'écriture est captivante, on se sent pris par l’atmosphère pesante, par les événements qui ne laissent pas de place à l’espoir. C’est noir, terriblement sombre mais très bien écrit.

J'ai pensé au film "Usuals Suspects" où on comprend sur la fin tous les indices qui ont été semés....La manipulation mise en place est intéressante, c'est vraiment le point fort de ce récit. Un mini bémol pour l’épilogue que j’aurais préféré plus court mais ce n’est que mon avis.

Éditions : Taurnada (10 Juin 2021)
ISBN : 978-2372580861
252 pages

Quatrième de couverture

Persuadé que le psychanalyste Larry Barney est responsable du suicide de son frère, Elliot le prend en otage dans son cabinet. Sous la menace d'une arme, Larry n'a pas d'autre choix que de laisser l'adolescent de 15 ans lui relater ses derniers mois. Mais très vite, c'est l'escalade de l'horreur : Larry est jeté dans un monde qui le dépasse, aux frontières de l'abject et de l'inhumanité.

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