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21/02/2022

Une héroïne stupéfiante, de Didier Esposito

esposito.jpgUne chronique de Cassiopée

L’auteur est policier, il a travaillé à la brigade des stupéfiants de Saint-Etienne (ville où il a choisi d’exercer parce que son équipe de foot est bien connue ;-) pendant quinze ans. Son roman aura donc tout d’un reportage sur le terrain puisqu’il le situe chez les stéphanois. Comme j’habite cette ville, j’ai visualisé tous les lieux cités, et ressenti très fort l’atmosphère des quartiers que je connais. Un atout supplémentaire pour apprécier cette lecture qui sent la réalité et le vécu. Bien entendu, ma chère cité ne se résume pas aux trafics de drogue et aux joueurs de foot, elle a d’autres richesses, notamment les éditions du Caïman qui publient cet ouvrage ;-)

David Cartier, enquêteur aux stups, et son équipe ont beaucoup de travail, et ce n’est pas la stagiaire Sarah, qui se retrouve à faire des horaires à rallonge qui me contredira. En effet, un jeune homme a été découvert mort, victime d’une overdose. Il faut donc mener l’enquête dans les milieux où l’héroïne circule en essayant de rester discret pour avoir un maximum d’informations. Ce n’est pas simple car « radio trottoir » est là et les dealers, clients ou autres sont rapidement prévenus. On découvre alors l’envers du décor, comment ceux-ci agissent pour ne pas être identifiables et ne pas se retrouver en première ligne. De plus, ils ne comprennent pas que la « came » ait provoqué tant de dégâts et cherchent à savoir qui est à l’origine de ce produit déficient qui a apporté la mort.

Le lecteur va donc se retrouver à suivre deux enquêtes : celles des flics, assez classique, qui nous présente les différents rouages, les astuces, du métier, son côté chronophage, le poids de la hiérarchie, le souhait d’avancer vite et bien, quitte à bousculer un petit peu les témoins, tout cela en espérant stopper l’hécatombe ; et celle des dealers qui essaient de cerner les problèmes et de prendre les choses en mains.

L’écriture alerte de l’auteur, parfois teintée d’un peu d’humour non négligeable pour sortir de ce côté sombre et noir, nous entraîne dans le quotidien des enquêteurs et celui des paumés. Les premiers ne touchent pas terre, très occupés à faire face aux événements nouveaux, à analyser ce qu’ils ont récolté (et parfois c’est très peu), à questionner, observer, supposer et déduire…. Les seconds, eux, sont en dehors du circuit, le plus souvent accros à leur dose, ne pouvant pas se passer d’un rail ou plus. On découvre les ravages pour leur santé, le temps qui passe et qui les abîme à tel point qu’il n’y a guère d’espoir d’un retour à la normale. On a rarement l’occasion de les « rencontrer » de si près dans un récit ou pas tout à fait comme ça. Et puis, on se sent impuissant quand on voit ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre, qui manipulent en faisant croire qu’ils les aident….

C’est une histoire prenante, visuelle, avec son lot de rebondissements. Le style est fluide et ça se lit avec entrain. Les personnages sont bien campés, on les sent actifs, et cette petite Sarah, un peu trouble, apporte un petit plus indéniable, un grain de sable dans la roue des jours au commissariat….

J’ai lu ce recueil d’une traite et je ne me suis pas ennuyée une seconde, j’en redemande !

Éditions : du Caïman (10 Décembre 2021)
ISBN : 9782919066940
330 pages

Quatrième de couverture

"Il y a des jours comme cela, où dès les premiers instants, les éléments vous font comprendre que la journée sera différente. Des petits riens dès le matin." C'est ce que se dit David Cartier en prenant son poste, aux "stups" de Saint-Etienne. Et en effet, une sale affaire attend son équipe ce jour-là : de l'héroïne en ville, ce n'est pas nouveau. Mais une héroïne qui sème la mort, plus que d'habitude pour ainsi dire, c'est nouveau. Il va falloir aller vite, très vite pour stopper l'hémorragie.

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