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17/09/2022

Terres profondes, de Patrick S. Vast

Une chronique de Cassiopée

2018, Jack Sellier, capitaine de police actuellement en disponibilité, décide de s’installer dans une petite bourgade ardéchoise. Il viendra seul pour tout mettre en place puis son épouse et leur fille le rejoindront. Depuis quelque temps, il écrit des polars qui rencontrent un certain succès et entend s’établir au calme pour en rédiger un nouveau. Ils prendront d’abord une location. On ne sait jamais … des fois qu’ils ne s’habituent pas à ce nouveau mode de vie bien différent de leur quotidien lyonnais.

L’écrivain a trouvé une maison tranquille, bien rénovée, et inhabitée depuis quarante ans ! Impeccable ! Les déménageurs sont efficaces et le voilà dans ses murs. Tonkin, un des villageois, lance des remarques, lui poses des questions, et Jack s’interroge. Peut-être que les habitants du coin ne sont pas contents de sa venue ? Il comprend très vite que les derniers à avoir logé dans la bâtisse qu’il a élue, étaient des hippies. Apparemment ces derniers ont disparu du jour au lendemain sans explications. Son instinct de flic lui souffle qu’il y a quelque chose de pas clair là-dedans mais quand il essaie de creuser, de se renseigner, les réponses restent évasives… C’était en 1978 et beaucoup de personnes ne sont plus là ou ont oublié…

Oublié ? Vraiment ? Quand des faits sortent de l’ordinaire, le plus souvent, ils sont marquants et restent ancrés dans la mémoire, non ? Et puis le capitaine de police est comme chacun de nous, moins on lui en dit, plus on tente de l’embobiner, plus il veut savoir, comprendre …. En outre, c’est un homme plutôt coriace et il ne lâchera rien, même si sa tendre moitié lui déconseille de s’en mêler.

Alternant passé et présent, ce roman nous entraîne dans les secrets d’un petit bourg où tout se sait mais où chacun protège le silence choisi par tous. C’est très réaliste car lorsqu’on connaît l’atmosphère de certains coins d’Ardèche ou des environs, on retrouve une façon d’agir d’autrefois, comme par exemple : traiter les problèmes par soi-même … quitte à réfléchir aux conséquences après … lorsqu’il est trop tard ….

Dans ce récit, Partrick S. Vast souligne combien le dialogue, l’écoute, les échanges sont importants, combien il est essentiel de respecter les différences, de se parler et d’accueillir ceux qui arrivent quelle que soit l’époque. Parce qu’il est un peu là le problème de cette bourgade, les « intrus » ça dérange…

Jack n’aura de cesse de cerner les événements du passé, qu’il relate dans un nouvel opus en les transformant à peine ce qui est une astucieuse mise en abyme. J’ai aimé son caractère tenace, sa volonté de rendre une forme de justice. L’ambiance et les rapports avec les gens du coin sont très bien retranscrits. On sent la tension qui monte, les hommes qui se braquent, prêts à prendre leur fusil de chasse, pas du tout prêts à discuter, ni à tolérer qu’on leur fasse un semblant de leçon…. Dans cette belle et calme nature ardéchoise, de terribles choses se sont peut-être passées mais pour le savoir…. Chacun protège le voisin, baisse les yeux, passe vite et ne dit rien…

J’ai vraiment apprécié cette lecture. L’auteur a su se renouveler. Son écriture est plaisante, la construction des chapitres est équilibrée. Cela donne un ensemble cohérent et très agréable à lire.

Éditions : Le Chat Moiré (17 Septembre 2022)
ISBN : 978-2956188360
288 pages

Quatrième de couverture

1978 : des coups de feu éclatent dans la campagne ardéchoise lors d’une nuit de pleine lune.
2018 : Jack Sellier, auteur de thrillers mais aussi capitaine de police en disponibilité, emménage en Ardèche dans une maison qui est restée inhabitée durant quarante ans. Le fait qu’il commence à s’intéresser aux derniers occupants va faire ressurgir de vieilles histoires enfouies dans le passé et briser des secrets trop bien gardés.

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