Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/10/2022

Le fric ou l'éternité, de Paul Chazen

fric.jpgUne chronique de Cassiopée

Brut et essentiel ….

…. Comme les rencontres de Socrate tout au long de ce roman décoiffant, original et prenant.
…. Comme l’écriture de l’auteur.
…. Comme les titres musicaux parsemés au long du récit.
…. Comme une lecture qui fait mouche.

Appelons-le Socrate. Il n’est pas tenté par une petite vie, presque de misère, comme ses parents. Il a vu certains des siens habiter dans une espèce de bidonville et berk, ce n’est pas ce qu’il veut. Pourtant, c’est ce qu’il fait. Un petit boulot, pas beaucoup d’argent, il vivote. Il n’a pas choisi, ni l’école, ni sa famille. Mais comment changer tout ça ?

Un rien, un regard échangé dans le miroir d’un café et le voilà de l’autre côté. Tueur à gages à ses heures perdues, largement suffisant pour améliorer le quotidien.
Avant « il avait traîné sa détresse de longues années, comme une espèce de bonheur en négatif. »
Et puis il y a eu cette rencontre, improbable, bouleversante en quelque sorte, mais vivifiante. Maintenant il agit, discrètement, à la demande, et sans se faire prendre. Ça lui va bien, il est heureux. Lui, il aime le boulot bien fait, bien fini, bien propre (même si le sang gicle) et il sait se fondre dans la foule, se faire oublier. Un contrat par ci, un contrat par là et hop les poches se remplissent. Il travaille seul, c’est mieux et puis d’abord, ça évite les embrouilles.

Mais peut-on vivre tout le temps comme ça ? Ne risque-t-on pas de commettre une erreur, d’être doublé, coincé ? La morale ? Il ne semble pas y penser Socrate, enfin peut-être que c’est ce qu’on imagine … alors que lui, il voit plus loin …

Avec des descriptions au cordeau, une langue syncopée ne s’embarrassant pas de fioritures, Paul Chazen manie le verbe avec un doigté exceptionnel, chaque mot fait mouche comme les coups tirés par Socrate. C’est un livre de mecs, ils sont là, bien présents, le dernier, Wu, apportant une forme de sagesse… Est-ce pour autant que ça finira bien ?

Chaque chapitre est ouvert par une citation-proverbe totalement improvisé (e) où l’humour le dispute à la raison « Pour changer de place, renverse la situation. » J’ai trouvé ça carrément jubilatoire, profond l’air de rien et plein de sens même si c’est parfois surprenant (je pense au scarabée).

J’ai cherché des renseignements sur l’auteur (j’aime bien savoir ce qu’il en est) et il n’y a pas grand-chose, ce doit être un homme secret, comme son personnage. Je vais essayer d’en savoir plus.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’en moins de cent trente pages, il vous embarque dans son univers et vous y êtes, pris dans les rets, et prêt pour un nouveau titre avec lui !

NB : La bande son est donnée en fin d’ouvrage.

Éditions : Jigal (15 Septembre 2022)
ISBN : 978-2377221721
130 pages

Quatrième de couverture

Ici, la Famille avait toujours régné en maître absolu. Socrate, lui n’en savait rien et n’en soupçonnait même pas l’existence. Mais comme au flipper, parfois il y a des rencontres qui bouleversent les destins ! Pour Socrate, ce sera Nino. Et avec lui son cortège de tsunamis. Parce que, il faut bien le dire, tueur, ce n’est quand même pas un métier comme les autres ! Gratifiant ? Oui, bien sûr. Mais pas facile tous les jours de tenir sans arrière-pensée la balance du jugement dernier ! Parfois, il suffit d’un rien…

 

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.