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Chroniques de Zufu

Zufu

Je porterais un vieux béret basque à l’ancienne, une veste grise usée aux coudes, un pantalon de drap noir rougi aux genoux, et je fumerais un cigarillo le Dimanche après la messe.
Après les pluies de printemps je partirais à la chasse aux escargots, des « petits- gris » que je garderais dans une caisse grillagée avec des bouquets de thym. Il y aurait, autour de la tablée familiale, de bons plats de petits-gris aux herbes.
Souvent j’écouterais le « Jeu des mille francs », étonné par les questions et les réponses, et enthousiasmé, quand l’équipe, sur la voie de la réussite, accepterait le défi du « super banco ».
J’aimerais la pêche à la ligne, par les fins d’après-midi des étés orageux, à la lisière de l’automne, quand les nuages glissent sur l’eau assombrie, et que les premières feuilles mortes, tombées des aulnes, annoncent les solitudes à venir.
J’aimerais contempler les lignes bleues des montagnes et être là où je ne suis pas. J’appartiendrais à des terres et des lieux mais ils ne me possèderaient pas. Je n’y serais qu’en « location ».En Espagne je me sentirais aragonais, au Pays de Galles gallois, en Allemagne je souhaiterais être berlinois, en Chine j’hésiterais beaucoup entre Beijing et Kumming, et entre Shanghai et Suzhou. En Colombie, à Cali, j’écouterais avec ravissement les cris des marchands ambulants « Chontaduro maduro…La mazamorra, la mazamorra… aguacate… ».
En Arizona, j’aimerais que les Navajos et les Hopis fussent mes amis. On fumerait le calumet de la paix avec un narguilé emprunté à une chenille installée sur un champignon.
Je voudrais être citoyen de quelques pays du monde, sans attaches particulières.
Je serais ce que je serais mais je me défendrais de l’être, peut-être parce que je refuserais les guerres et les violences, préférant n‘être rien ou un peu de tout, à être un guerrier.
Pour moi, les mot les plus horribles du monde seraient les mots identité et son sinistre comparse: identitaire.
Si j’étais français, je serais né et j’aurais grandi au confluent des cultures populaires et « cultivées », aussi j’aimerais le Tour de France et « La recherche du temps perdu », surtout ces belles cyclistes qui passent sur la digue de Balbec, se détachant sur la mer, dans « A l’ombre des jeunes filles en fleur ».
J’appartiendrais à un fan-club de Sherlock Holmes mais aussi de Jane Austen. Enfant je serais abonné à « Tarzan » et à « Spirou », et quand, l’âge venu, la vie serait trop dure pour moi, je ferais des « Sudokus ». Enfin, avant de m’endormir et d’affronter les ombres des rêves, j’essaierais de me consoler des injustices du monde en lisant des romans policiers qui finissent bien.

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Écrit par Un polar Lien permanent