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30/09/2017

Entretien avec Nicolas Zeimet

 nicolas_zeimet.jpgAprès avoir lu et chroniqué le remarquable roman de Nicolas Zeimet Retour à Duncan's Creek, Cassiopée a souhaité poser à l'auteur quelques questions sur son livre et sur l'écriture...

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Cassiopée.  Comment êtes-vous venu à l’écriture et pourquoi, était-ce un besoin, une envie, un choix mûrement réfléchi….. ?
Avez-vous des rituels pour écrire ? Mettez-vous en place votre intrigue en amont, documents à l’appui ou vous laissez-vous porter  par le clavier ou le stylo?

 Nicolas Zeimet.  J’ai commencé à écrire vers l’âge de dix ans, après avoir découvert Stephen King avec Simetierre. Ce bouquin m’ a à ce point chamboulé, effrayé, séduit… que j’ai tout de suite eu envie de faire la même chose ! L’écriture n’est donc pas vraiment un choix, plutôt une évidence qui s’est imposée à moi.

Quand j’écris, j’ai la trame principale en tête dès le départ. La première étape est celle de la documentation : je passe plusieurs mois à regrouper les informations nécessaires à l’élaboration de mon récit (des heures et des heures sur Google Maps pour Retour à Duncan’s Creek). Ensuite, dès que je suis prêt, dès que l’envie d’écrire est bien là, irrépressible, je me lance. Et là, pas de rituel : je me laisse porter en suivant (plus ou moins) la route que j’avais tracée en amont, avec pour seul bagage la « bible » du roman. Je m’égare parfois en chemin, pour le plus grand bien de l’intrigue. J’aime les textes vivants, avec leurs touches de surprises et d’authenticité qui ne sont pas forcément compatibles avec les plans « au cordeau » .

Et pour apporter une réponse complète à la question, j’écris sur un clavier…

 Cassiopée.  « Retour à Duncan’s Creek », votre dernier roman, se situe aux Etats-Unis, pourquoi avoir choisi ce territoire et ces lieux en particulier ?

 retour_a_duncans_creek.jpgNicolas Zeimet.  J'ai toujours été fasciné par les États-Unis. Je crois que c'est générationnel : dans les années 80, la culture américaine était partout. Comme je l'ai dit, j’étais fan de Stephen King, qui dépeint l'Amérique mieux que personne, mais aussi de tous les films cultes de cette décennie. Donc, très logiquement, quand je me suis mis à écrire, c'est vers les États-Unis que je me suis tourné. 

Pour ce qui est de l’Utah, c'est lors d'un road trip dans l'Ouest américain que ces terres me sont apparues comme le décor idéal à un roman noir. Noir, mais avec beaucoup de lumière et de couleur. J’aimais ces contrastes, le rouge de la roche, le noir des forêts profondes et des montagnes... J’ai donc décidé d’y situer l’action de Seuls les vautours, qui raconte l’enfance des personnages de Retour à Duncan’s Creek.

Avec ce nouveau roman, on voyage un peu plus. Cette fois, l'histoire ne se déroule pas uniquement dans l'Utah, mais à travers quatre États de l'Ouest américain. Le road trip que je décris, je l'ai fait à peu près en suivant le même itinéraire, il y a quelques années. J'avais envie de faire partager ça. Envie de retourner là-bas, même si c’était de manière virtuelle.

 Cassiopée.  Vous accompagnez votre récit de nombreuses références musicales, comment les avez-vous choisies, que représentent-elles pour vous ?

Nicolas Zeimet.  J’écris souvent en musique, et la « bande originale » de Retour à Duncan’s Creek se prêtait parfaitement à un mix de vieux tubes et de country music.  Certains morceaux parlent directement à mon petit cœur nostalgique, d’autres correspondaient simplement à l’ambiance ou au décor du moment. Je trouve que la musique et les chansons donnent de la couleur au texte, de l’épaisseur aux personnages, un tempo particulier, le temps de se poser, aussi. Et j’espère que les lecteurs auront envie de les (ré) écouter après avoir lu le livre.

Cassiopée.  Comment les personnages de vos romans s’imposent-ils à vous ? Y mettez-vous des traits de caractères de personnes que vous connaissez ?

Nicolas Zeimet.  « S’imposent », le terme est parfaitement adapté ! Mes personnages, je ne vais pas les chercher, j’attends qu’ils viennent à moi. J'aime leur laisser de la liberté, c'est la meilleure façon de se laisser surprendre et de ne pas en faire des caricatures. J'ai des fiches pour chacun deux, bien sûr, quelques lignes avec leur âge, leur description physique, une brève biographie, deux ou trois traits de caractère aussi… mais ça s'arrête là. Ce sont leurs rencontres, les épreuves qu'ils vont traverser, les coups du sort, qui vont définir qui ils sont,  et où ils vont.

Bien sûr, comme dans tout ce que j'écris, je m'inspire de ce qui m’entoure : donc oui, certains des personnages présents dans mes pages sont inspirés des gens que je connais. Mais cela peut tout aussi bien être un inconnu croisé dans la rue, dont l’attitude, l’apparence, la voix m’inspirent…


Cassiopée.  Vos personnages traînent avec eux une sombre histoire liée à leur passé, pensez-vous que celui-ci a influencé ce qu’ils sont devenus ?  Et pour aller plus loin, pensez-vous que notre enfance « conditionne » une grande part de l’adulte que nous serons ?

Nicolas Zeimet.  C'est le thème principal du roman : le passage à l’âge adulte. L'adulte qu'on devient, à mon sens, n'est rien d’autre que l’enfant qu'on a été, et que la société a plus ou moins forcé à grandir. Notre enfance ne fait pas que conditionner l'adulte que nous devenons, elle le façonne. C’est particulièrement vrai pour Jake, Sam et Ben, qui chacun à leur façon vont en faire la cruelle expérience.

Cassiopée.  Si un réalisateur vous contacte pour faire un film d’après votre roman, qui aimeriez-vous pour les rôles principaux ? Auriez-vous des exigences au niveau de l’adaptation ?

Nicolas Zeimet.  Ma seule « exigence » au niveau de l’adaptation serait que le cadre du roman soit conservé : si j'ai choisi ce décor pour mon histoire, c'est parce que je ne l'imaginais pas ailleurs. Alors, transposer ce voyage en France, ou même dans d'autres États américains, ne me semblerait pas une bonne idée. Bien sûr, si mon roman devait être adapté, je serais ravi de pouvoir participer au scénario.

Pour les rôles principaux, comme je le dis dans le livre, j'imagine bien Tobey Maguire pour Jake adulte. En ce qui concerne Sam, la Julia Roberts du début des années 90, avec son grand sourire et sa crinière rousse, aurait été  parfaite. 

Cassiopée.  Y-a-t-il une couleur qui pourrait vous définir, laquelle, pourquoi ?

Nicolas Zeimet.  Je préfère ne pas me limiter à une couleur. Tout comme je préfère ne pas me limiter à un seul style littéraire…

 Cassiopée.  Quels sont vos auteurs préférés ?

Nicolas Zeimet.  Voir la réponse dans à peu près toutes les questions précédentes !

Cassiopée.  Pourquoi avez-vous changé d’éditeur ? (vous avez le droit de sortir un joker pour cette question)

Nicolas Zeimet.  Alors Joker !

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