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14/04/2020

Une enquête à la Belle époque -Tome 3 : Le carnet volé, d'Alice Quinn

téléchargement.jpgUne chronique de Cassiopée

Et voici le dernier tome d’une enquête à la Belle-Epoque. Décidément, Alice Quinn fait dans les adieux en ce moment (son héroïne Rosie Maldonne va également vivre sa vie, comme les personnages récurrents du Carnet Volé). C’est la dernière fois que nous retrouvons Lola, Miss Fletcher et d’autres dans la ville de Cannes qui se révèle sous nos yeux. Nous sommes en 1891, un homme se suicide et son carnet disparaît. Qui le prend, pourquoi ? Et surtout pourquoi cet individu a choisi de se donner la mort, qu’avait-il à se reprocher ? Que contenait le calepin ?

En parallèle, Basile, un jeune adolescent vient voir Lola. Il est perturbé, sa sœur a disparu alors qu’elle travaillait dans une blanchisserie et il vient se confier car Lola a toujours été bonne avec lui. Aller voir la police ? Le pauvre Basile, issu des « petites gens » ne sera pas écouté, voire on le soupçonnera de quelque chose. Lola a pour employée Miss Fletcher qui est la narratrice dans ce recueil. Ces deux femmes ont eu un passé très différent de ce qu’est leur présent. Mais elles ont trouvé un équilibre et une certaine complicité. D’autres salariés gravitent dans la belle demeure qu’elles occupent. Lola, qui n’a pas toujours eu une vie rangée, dénote un peu dans la société cannoise bien pensante mais c’est ce qui fait son charme. Et puis, elle ose et ça me plaît ! Quant à Miss Fletcher, j’apprécie son envie de tout comprendre, jusqu’à prendre des risques et ainsi protéger celles qui se mettent en danger….

Alice Quinn a réussi une nouvelle fois un excellent roman. Son histoire a de la consistance, la plupart de ses protagonistes sont attachants, quelques-uns détestables et ça équilibre. Le contexte historique est riche et travaillé pour que tout soit harmonieux. Dans ce dernier tome, ce sont les petits bourgeois et leurs habitudes de vie, qui sont présentés. Certains sont « écorchés » car pas aussi honnêtes qu’ils veulent le faire croire. Elle fait aussi la part belle aux plus démunis qui pourtant font tourner le monde (tiens, ça ne vous rappelle rien en ce mois d’Avril 2020 où on se rend compte que tous les petits métiers ont de l’importance ?). J’ai aimé l’approche du milieu des parfumeurs, l’atmosphère générale de ce livre qui n’oublie rien et présente Cannes à « différents étages ». Il y a les palaces avec leurs dorures et leurs réceptions mais aussi les maisons closes, les fabriques où chacun trime pour s’en sortir. La présence de Guy de Maupassant est un réel plus dans le récit et on voit comment son quotidien évolue.

Je pense qu’on ne réalise pas, lorsqu’on est lecteur, le travail de fond des auteurs pour produire un texte qui soit équilibré entre romance, enquête et rappels cohérents de l’époque. Les recherches qu’il faut faire par exemple, quand on y réfléchit, on se dit qu’il suffit de lire, de prendre des notes et puis et puis ??? Le plus difficile est sans aucun doute le fait d’intégrer tout cela à l’histoire qu’on écrit et de réussir le tour de force d’intéresser le lecteur sans le lasser avec trop d’Histoire dans l’histoire. En cela, Alice Quinn a toute mon admiration. Je la suis depuis ses débuts et je peux affirmer qu’elle a grandi dans mon estime car ses ouvrages sont variés et elle reste humble. Et pour ceux qui se poseraient des questions : non, je ne touche pas de royalties, je dis simplement ce que je ressens.

Je dis donc adieu à Lola et Misss Fletcher, ainsi qu’Anna mais pas à Alice qui va sans doute nous offrir encore quelques belles pages de lecture….

 

Éditions : Thomas et Mercer (14 Avril 2020)
361 pages

Quatrième de couverture

Incendie, suicide, chute mortelle : en quelques jours, les morts accidentelles au sein de la bourgeoisie cannoise se succèdent et perturbent l'ordre de la Cité des Princes. Lola, Miss Fletcher et Maupassant se lancent à corps perdu dans l’enquête.

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