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21/11/2021

Les yeux d'Iris, de Magali Collet

image.jpgUne chronique de Cassiopée

Il est des amitiés tellement fortes qu’on est prêt à tout ou presque pour ceux qu’on aime. Alors on fait des pactes, souvent dans le feu de l’action, sans savoir vraiment où cela nous mènera…

Lorsque Julie a souffert, vivant une situation innommable et terrible, ses amis ont été là, présents, discrets, à l’écoute. Ils ont promis de l’aider à se venger. Le temps a passé. Pour elle, le traumatisme est resté, pour les autres, pris dans l’engrenage du quotidien, ils ont avancé dans la vie. Célibataires, en couple, ou parents, chacun s’est construit, tant bien que mal, avec ses failles, ses peurs, ses faiblesses, ses forces, ses secrets. Morgane qui a eu, elle aussi, sa dose de souffrance, a préféré partir à l’étranger comme s’il était plus facile d’oublier en mettant de la distance. Oublier ? Tout le monde sait que c’est impossible, voire carrément inenvisageable.

Alors, lorsque des années plus tard, Julie appelle et dit que le moment de tenir les promesses est arrivé, chacun se rend au rendez-vous. Si longtemps après que reste-t-il de l’accord passé entre eux ? Sont-ils capables d’agir quitte à remettre en cause l’équilibre, fragile pour certains, de leur vie ? Jusqu’où peuvent-ils aller ?

Dans son nouveau thriller, Magali Collet aborde des thèmes graves : le suicide, l’influence des « amis », la volonté de dominer pour certaines personnes, la dépression, le rôle et la place de chacun dans un couple, les liens entre frère et sœur, entre collègues…. Il est parfois si difficile de faire la part des choses, de dire non au bon moment, d’oser d’affirmer, de ne pas « se perdre » en croyant qu’on n’a pas le choix, de rester droit dans ses idées pour continuer à s’aimer….

Un des personnages de cette histoire a vécu un événement traumatisant et son accompagnement après les faits a été délicat. L’auteur souligne là quelque chose de primordial, la libération de la parole, et en parallèle l’écoute qui doit en être faite pour que la personne touchée ne culpabilise pas et se sente vivante, comprise et soutenue.

L’auteur nous fait pénétrer dans le présent des protagonistes, nous présentant chaque individu (ils sont six) en quelques lignes, on a déjà une idée assez précise de ce qu’ils sont. Puis quelques passages en italiques nous renvoient dans le passé et enfin, les liens entre eux se dévoilent et le lecteur cerne très vite que ça va être compliqué car, avec le recul, les choix ne sont plus les mêmes….

L’auteur a attaqué un sujet fort, prenant, avec des scènes noires, violentes, elle a pris le parti de rester plus dans l’action que dans l’analyse des émotions des uns et des autres. On ne peut pas fermer les yeux ni se boucher les oreilles alors on prend tout en pleine face. On réalise que l’atmosphère est bizarre, emplie de non-dits, de mensonges peut-être. On sent que ça va se fissurer et craquer mais on ne sait pas comment. Les dégâts seront-ils irrémédiables ? Qui sortira de tout cela brisé, blessé ou « réparé » ? Y-a-t-il une justice ? Comment doit se manifester celle des hommes face à la vengeance ?

C’est un récit prenant, sombre, presque en huis clos car il y a peu de personnages et peu de lieux. On frissonne, on serre les poings, on craint le pire, on est pris dans le contexte, apeuré par le contenu et on ne lâche pas la lecture jusqu’à la dernière page.

Éditions : Taurnada (4 Novembre 2021)
ISBN : 978-2-37258-094-6
256 pages

Quatrième de couverture

Un meurtre et un suicide.
Trois hommes. Trois femmes.
Des retrouvailles.
Un pacte.
Tout se paye, même l'amitié.

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