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08/11/2022

Comme une image, de Magali Collet

image.jpgUne chronique de Cassiopée

Regardez cette petite fille, elle est sage comme une image. On a tous, un jour entendu cette phrase, n’est-ce pas ? C’est l’impression que donne Eulalie, qui préfère d’ailleurs qu’on l’appelle Lalie. Elle aura bientôt dix ans, ses parents sont séparés, elle a un frère, une belle-mère et un demi-frère.

Le divorce agit sur elle comme un catalyseur, on comprend très vite qu’elle ne supporte pas cet état de faits. Deux personnalités vont s’opposer en elle. Celle qui est lisse, obéissante, qui parle comme une petite fille de son âge et l’autre, la face cachée, violente, perverse, qui s’exprime dans un langage châtié. Est-ce possible d’être comme ça à cet âge-là ? On peut légitimement se poser la question. Et que la réponse soit oui ou non, cela n’empêche pas de continuer la lecture. Pourquoi ?

- Parce qu’on pénètre dans l’univers de cette gamine qui mène le monde comme elle l’entend, sans peur, sans sentiment ou avec des sentiments qui n’appartiennent qu’à elle. Oui, ça met mal à l’aise, ça semble malsain et on se demande jusqu’où ça peut aller. Mais n’est-ce pas le but des romans de nous bousculer dans nos habitudes, voire nos certitudes ?

Lalie fait des apartés. Nous pénétrons dans son cerveau particulier, elle analyse, observe, mène la danse et manipule avec beaucoup de doigté. Le mensonge est sans doute ancré en elle et certaines scènes où elle retourne la situation et coince les adultes sont dignes de Hitchcock. Elle arrive toujours à ses fins et redevient aussitôt la petite fille sage comme une image que tout le monde connaît. À l’école, tout est parfait, on aurait bien du mal à croire qu’elle puisse être méchante…… et pourtant ….

- Parce qu’à travers ce récit, Magali Collet montre les dégâts psychiques lorsque des préadolescents sont rongés par la jalousie, la volonté d’être le centre et le souhait de décider. Bien sûr, il faut une âme torturée, un esprit tourmenté pour en arriver à de telles extrémités. Ce qui est impressionnant, c’est l’impuissance des adultes qui connaissent le côté noir de Lalie, face à ceux qui n’y croient pas (ou qui refusent, même une fraction de seconde, de penser à de telles éventualités).

Je crois que c’est là le point fort de ce récit, ce grand écart entre deux Lalie et l’impossibilité de la stopper. L’autrice s’est attaquée à un sujet difficile. Il fallait qu’elle dose son histoire, qu’elle n’en fasse pas trop, que ce soit presque, je dis bien presque, vraisemblable. Trouver un équilibre, maintenir le lecteur dans l’angoisse, ne pas grossir le trait…. Vaste travail.

Avec son écriture au cordeau, les différents points de vue des protagonistes et cette plongée en apnée dans la tête de Lalie, Magali Collet a réussi son pari. J’avoue que les passages, où Lalie s’exprime à la première personne sont flippants, on n’a pas envie de « l’entendre », de « l’écouter », on voudrait la faire taire. Cela met des frissons, on est en colère, on ne peut pas agir, brr…. Et ça c’est bon signe, cela signifie que l’auteur a su nous captiver !

Éditions : Taurnada (6 Octobre 2022)
ISBN : 978-2372581080
246 pages

Quatrième de couverture

Lalie a 9 ans, un teint de pêche et des joues roses. Elle a aussi deux frères et des chatons, une belle-mère et deux maisons. C'est une enfant intelligente et vive, une grande soeur attentionnée et une amie fidèle. C'est la petite fille que chacun aimerait avoir. D'ailleurs, tout le monde aime Lalie. Tout le monde doit aimer Lalie. C'est une évidence. Il le faut.

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